Boulevard Industriel: «La chicane va pogner»

Ça y est, les premiers coups de pelle pour prolonger le boulevard de Portland... (Imacom, Frédéric Côté)

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Ça y est, les premiers coups de pelle pour prolonger le boulevard de Portland sont donnés. Parmi les travaux totalisant 14,3 M$ qui seront réalisés dans le secteur, l'un des volets a trait à l'amélioration du boulevard Industriel.

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Réal Désautels

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«La chicane va pogner»Les commerçants de cette artère avaient été prévenus qu'ils se retrouveraient dans une zone de perturbations. Ils ne savaient cependant qu'une quinzaine d'entre eux devront se partager une facture de 625 000 $ pour amortir le coût des travaux de 2,8 M$ projetés par la Ville.

«Quoi, en plus d'avoir à subir, nous allons payer? Si j'avais su, la Ville aurait eu pas mal de difficulté à m'arracher le bout de terrain que je lui ai cédé pour le prolongement du boulevard Portland», a tempêté le propriétaire des Serres St-Élie, Jean Grégoire, en apprenant la nouvelle.

La Ville prévoit facturer les commerçants 600 $ du mètre linéaire sur la rue. Vite calculée, la part des Serres St-Élie pourrait atteindre les 175 000 $.

«Les élus sont tombés sur la tête! Croyez-moi, la chicane va pogner», fulmine le commerçant.

De l'autre côté du boulevard, le directeur général de la Coopérative d'Alentour, Réal Désautels, a lui aussi sursauté.

«Nous étions au courant des transformations qu'apporteraient les projets municipaux mais personne ne nous a jamais annoncé une facture. Nos travaux permanents, nous les avons payés dans le passé. La Ville procède à des améliorations qui réduiront l'achalandage devant nos commerces lorsque les nouveaux boulevards seront en service, y'a pas tellement de logique à ce qu'elle nous envoie une surtaxe en plus», juge-t-il.

«Ça ne servait à rien de venir vers les propriétaires avec de vagues estimations de factures avant de connaître tous les chiffres.»


Le directeur des projets majeurs à la Ville, Denis Gélinas, défend l'application de cette politique de tarification.

«Après avoir étudié les plans détaillés des boulevards et le détail de la canalisation souterraine, il s'est avéré nécessaire de déplacer quelque peu le carrefour giratoire qui, initialement, devait être construit dans l'axe du boulevard Industriel. En plus des avantages techniques, cela permettait d'avoir moins d'impacts sur la circulation ainsi que sur les activités des commerces durant les travaux.

«Ça ne servait à rien de venir vers les propriétaires avec de vagues estimations de factures avant de connaître tous les chiffres. Les validations individuelles sont sur le point d'être complétées et nous seront en mesure sous peu de faire le point avec eux», assure M. Gélinas.

«Le fonctionnaire qui est passé me voir pour m'informer du déplacement d'un poteau d'Hydro-Sherbrooke et de la construction d'une bordure de ciment le long de ma cour m'a plutôt dit que je n'aurais rien à débourser, que tout était pris en charge par la Ville. Leur facture, je vais la contester» contredit le propriétaire de la firme Remorquage de l'Estrie, Martial Côté.

La recommandation de procéder aux travaux d'amélioration du boulevard Industriel «avec un règlement de taxation des coûts réels suite à la réalisation du projet» a été formulée, puis adoptée par les élus municipaux à la séance du 7 avril. Le document administratif chiffrait alors la participation des commerçants à 750 000 $ (avant taxes). Une mise à jour effectuée hier a ramené ce montant à 625 000 $.

«Je comprends les commerçants d'être en rogne, je l'étais aussi lorsque le dossier nous a été soumis au début du mois. C'est la première nouvelle que j'en avais», relève l'un des conseillers du secteur, Pierre Tardif.

«Je suis gênée que la Ville agisse de la sorte. C'est un manque de professionnalisme que de mettre ainsi les propriétaires devant un fait accompli. Il faut revoir nos façons de faire», déplore sa collègue du district limitrophe Annie Godbout.

Si vous saviez, madame, le nombre de fois que j'ai entendu cela. Une «taxe sur la redite» applicable aux élus augmenterait-elle les chances de changer les choses?

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