Le bingo a toujours sa place

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Pas moins de 300 personnes ont joué au bingo en deux séances, dimanche, à l'Hôtellerie Le Boulevard.

Imacom, Jocelyn Riendeau

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(Sherbrooke) Même si le bingo ne fait plus courir les foules autant que lors de ses belles années, Sylvain Tessier persiste et signe à propos du jeu de société : celui-ci a toujours sa place dans la communauté.

« Il y a 150 personnes cet après-midi, et possiblement le même nombre ce soir (dimanche). Si le bingo n'a plus sa place, ces gens-là vont s'en aller où? » demande à cet effet le directeur général de la Coopérative des bingos de Sherbrooke en faisant allusion aux adeptes qui s'étaient déplacés à l'Hôtellerie Le Boulevard, dimanche.

Et au-delà des gens qui paient pour jouer, fait-il remarquer, beaucoup d'organismes communautaires dépendent largement du jeu de boulier pour exister. Le Salon du bingo regroupe six organismes, dont Les grands frères, grandes soeurs de l'Estrie, le Club Optmiste Centre-Estrie et La maison Aube-Lumière tandis que le Salon Abénaquis rassemble huit organismes à but non lucratif, dont le Centre communautaire de Loisir Sherbrooke, la Fabrique de la paroisse du Bon-Pasteur et la Chaudronnée de l'Estrie.

« Le bingo, malgré ce qu'on en pense, ce sont de gros revenus, surtout pour les organismes régionaux, ça représente bien souvent la survie pour eux. Loto-Québec remet environ 1 M$ aux organismes par année et de notre côté, on remet près de 2 M$ par an aux gens en prix, ce qui représente environ 70 % de nos revenus », soutient celui qui opère des salles de bingo depuis plus de 25 ans.

«En 2006, lorsqu'il y a eu la loi interdisant de fumer dans les endroits publics, on a perdu 20 % de la clientèle.»


Le dg reconnaît cependant que les salles de bingos devront évoluer si elles désirent perdurer. Depuis 20 ans, une série de mesures gouvernementales, entre autres, a chassé bon nombre d'adeptes hors des salles et il faudra innover pour les retrouver.

« En 2006, lorsqu'il y a eu la loi interdisant de fumer dans les endroits publics, on a perdu 20 % de la clientèle d'un coup. Mais on est aussi passé à une époque plus compétitive et imaginative, où il existe plusieurs options pour ceux qui veulent dépenser en loisir, et le monde du bingo est demeuré très longtemps statique.

« Je pense qu'il va y avoir des changements dans le milieu du bingo. Il y a eu le kinzo (un amalgame de bingo et de kéno), pour atteindre un public plus jeune, mais il y en aura d'autres. Depuis que Loto-Québec a été créée en 1969, ça fait sept ans qu'ils sont en perte de revenus. C'est une bonne nouvelle pour nous puisque ça va les inciter à réagir et que c'est difficile de modifier des lois au Québec. Sans être dans le secret des dieux, je ne serais pas surpris de voir des salles de jeux plus étoffées...»

Quoi qu'il advienne, le bingo en soi demeure un bon pari selon lui pour celui qui veut passer son temps à bon prix.

« Le bingo, c'est une loterie, mais ça reste encore la loterie la plus payante pour le joueur. Tu vas acheter 20 $ de cartes, tu vas avoir environ une chance sur 150 de remporter plus que cinq fois ta mise. Tes probabilités de gagner sont élevées », résume Sylvain Tessier.

Une version radio en plein essor

Inauguré le 15 mars dernier afin d'amasser des fonds pour la banque alimentaire de Moisson Estrie, le Bingo Radio dominical de CFLX est appelé à croître rapidement si l'on se fie à l'animateur Guy Ouellet, qui a le mandat de caller les numéros 1 à 75 chaque dimanche.

« Le nombre de billets vendus augmente de semaine en semaine sans autre publicité que le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, relate-t-il. C'est une opération pour amasser des fonds et pas en dépenser, mais on se rend compte que c'est une idée qui a envie d'avancer, qui grossit de semaine en semaine et les gens qui jouent une fois en prenne l'habitude. C'est une très belle façon de passer une heure agréable à jouer entre amis et aider une cause aussi noble que celle de Moisson Estrie, la grande banque alimentaire régionale. »

Trois cents cartes sont présentement écoulées chaque semaine au coût de 6 $ donnant accès à un total de 1000 $ tiré entre 18 h et 19 h les dimanches à l'antenne du 95,5 FM, mais des lots plus importants pourraient éventuellement attendre les fidèles auditeurs.

« Le bingo fait déjà ses frais, maintenant c'est évident qu'on vise beaucoup plus haut que ça. Plus on va vendre de cartes, plus les lots sont susceptibles d'augmenter », indique Guy Ouellet.

S'il admet en riant qu'il n'aurait jamais songé à être un jour celui qui extirperait les boules du boulier, Guy Ouellet s'est toutefois laissé prendre au jeu.

« C'est drôle à faire et on essaie de le faire de manière dynamique. On ne se prend pas au sérieux, même si on prend le jeu au sérieux.

« Les commentaires qu'on reçoit, c'est que même si les gens disent au départ que le bingo, c'est d'un autre âge et un peu ringard, le plaisir lui est finalement indémodable. Tout le monde y adhère sans se prendre trop au sérieux », résume l'animateur.

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