Pénurie d'infirmières en vue, prévient la FIQ

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Une vingtaine de membres de la FIQ se sont réunis à l'extérieur du CHUS Fleurimont mercredi pour dénoncer les impacts de la réforme de la santé.

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(SHERBROOKE) Une vingtaine de membres de la Fédération des infirmières du Québec se sont réunis à l'extérieur du CHUS Fleurimont mercredi pour dénoncer les impacts de la réforme de la santé sur les plans de retraite des employés. Parmi eux, Marcel Bouchard et Céline Béliveau, qui représentent deux cas types des conséquences qu'amènera la réforme.

M. Bouchard avait planifié depuis toujours prendre sa retraite à 60 ans - c'est à cet âge qu'il pouvait toucher l'argent de sa retraite sans aucune pénalité. Or, lorsque la réforme passera, il faudra qu'il attende à 62 ans pour pouvoir quitter sans pénalité.

« Est-ce que je serai encore assez en forme pour le faire? » se demande l'homme de 55 ans. « J'ai déjà un peu d'arthrite dans la hanche. Est-ce que dans 7 ans je serai encore en forme pour travailler et courir comme on le fait? Parce qu'en plus, ils augmentent nos tâches sans augmenter le personnel », souligne l'infirmier qui travaille pour le CHUS depuis 25 ans.

« J'ai toujours mon métier à coeur, mais c'est de plus en plus difficile de supporter les demandes gouvernementales », poursuit celui qui est aussi secrétaire-trésorier de la FIQ à Sherbrooke.

Départs précipités

Pour Céline Béliveau, la réforme de la santé la poussera au contraire à prendre sa retraite plus tôt... pour des raisons financières.

« Avant, si nous voulions prendre notre retraite à 58 ans, nous pouvions le faire, avec une pénalité de 4 % par an », explique l'infirmière. Après la réforme, la pénalité augmentera pour se chiffrer à 7,5 % par an. Comme la réforme prévoit en plus que l'âge pour partir sans pénalité sera augmenté à 62 ans, quelqu'un qui voulait partir à 58 ans se retrouvera avec une pénalité de 30 % (4 ans multiplié par la pénalité de 7,5 %), plutôt que la pénalité de 8 % (2 ans multiplié par la pénalité de 4 %) prévue avant la réforme.

« On ne pourra plus partir à 58 ou 59 ans, la pénalité sera trop importante », estime Mme Béliveau.

Elle-même devait quitter en juin 2018, à 59 ans (avec une pénalité de 4 %). Si elle garde son plan tel quel, sa pénalité sera plutôt de 22,5 %. « C'est mieux pour moi de quitter avant que ces nouvelles mesures s'appliquent en janvier 2017 », dit-elle.

Une situation particulièrement inquiétante, surtout dans un contexte de pénurie de travailleurs et travailleuses en soins infirmiers, estime-t-elle. « Ici, au CHUS, ce sont plus ou moins 100 ou 125 infirmières qui sont dans la même situation. Il manque déjà 3000 infirmières au Québec, et ce sont 7000 infirmières à travers la province qui pourraient anticiper leur retraite à cause de ces nouvelles mesures », dit-elle, rapportant les propos de la présidente de la FIQ Régine Laurent.

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