Les défis de l'Immigration: ici pour y rester

Le Chilien Roberto Roman est arrivé à Sherbrooke il y... (Imacom, Maxime Picard)

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Le Chilien Roberto Roman est arrivé à Sherbrooke il y a huit ans, accompagné de sa conjointe. Trois enfants plus tard et une maison, il affirme se sentir bien ici. «Je n'ai pas l'intention de bouger!»

Imacom, Maxime Picard

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) L'Estrie possède un des pires taux de rétention des immigrants au Québec. Après cinq ans, seulement un immigrant sur cinq qui s'y installe habitera toujours dans la région. Mais au-delà de cette statistique, il y a plusieurs belles histoires d'intégration réussies.

Le Chilien Roberto Roman fait partie des 21,62 % d'immigrants qui sont débarqués en Estrie pour y rester. « Je me considère comme Sherbrookois et je suis citoyen canadien depuis un an », lance-t-il tout sourire.

Arrivé au Québec avec sa conjointe il y a huit ans, Roberto Roman décide de s'installer à Sherbrooke avant même d'avoir trouvé un emploi. « On a pris le risque, mais on voulait vivre en région », explique-t-il en admettant que plusieurs immigrants ont des préjugés par rapport aux régions en arrivant au Québec.

« Au Chili, quand on parle d'une région, il n'y a vraiment aucun service. Il faut parfois prendre l'avion pour obtenir des services alors qu'ici nous avons accès à tous les services nécessaires et la vie coûte bien moins cher qu'à Montréal », fait valoir le père de trois enfants.

« Mes collègues m'ont grandement aidé lorsque je suis arrivé. C'était très sécurisant d'avoir un emploi, mais également un réseau de connaissances. »

- Roberto Roman

Quatre mois après avoir déposé ses valises à Sherbrooke, M. Roman décroche un emploi. En parallèle, il entreprend des études en technologie de l'information. Aujourd'hui, le Sherbrookois d'adoption travaille pour Media5 Corporation à titre de spécialiste en systèmes de téléphonie IP et est responsable du développement pour l'Amérique du Sud.

« Mes collègues m'ont grandement aidé lorsque je suis arrivé. C'était très sécurisant d'avoir un emploi, mais également un réseau de connaissances », affirme-t-il.

Quels conseils peut-il offrir à des immigrants fraichement débarqués en Estrie qui souhaitent se trouver un emploi rapidement?

« Il ne faut pas faire la gaffe de vouloir reproduire le niveau de vie que l'on avait dans notre pays d'origine en débarquant ici, surtout en considérant que les diplômes ne sont généralement pas reconnus. Il faut s'adapter, être prêt à travailler dans des emplois moins intéressants pour commencer, mais au moins on se bâtit de l'expérience et ces expériences vont servir de références. Il ne faut pas voir cela comme un recul, mais comme une étape de plus dans son parcours professionnel », soutient M. Roman.

Adaptation

Lorsque l'on écoute Roberto Roman compter son histoire, un mot revient régulièrement à nos oreilles : adaptation.

« Quand je suis arrivé ici, j'ai reçu deux formations qui ont été très bénéfiques. La première concernait les codes culturels au travail et la seconde traitait de l'histoire du Québec. Ces deux formations étaient très importantes pour bien m'adapter au monde du travail ici. Ça m'a permis de comprendre la façon dont les gens travaillent ou pensent ici », souligne-t-il.

« Certains immigrants que j'ai côtoyés s'entêtent à essayer de rejoindre un ordre professionnel, par exemple, au lieu de s'adapter et de trouver des formations complémentaires qui pourraient leur donner des atouts pour avoir un emploi ici. Il ne faut pas arriver ici en pensant que tout nous est dû, ce n'est pas la bonne attitude à avoir. Il faut travailler fort », affirme le Chilien d'origine.

Un jour, Roberto Roman a mis sa vie dans quatre petites valises et les a déposées à Sherbrooke. Huit ans plus tard, une chose est sûre : elles ne bougeront pas de sitôt.

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