Trois conseillers contre le «don» de l'Orford Express: «Pas le mandat de la Ville»

Hélène Dauphinais, Jean-François Rouleau et Pierre Tardif.... (Imacom, René Marquis)

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Hélène Dauphinais, Jean-François Rouleau et Pierre Tardif.

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(Sherbrooke) Hélène Dauphinais, Pierre Tardif et Jean-François Rouleau n'ont « rien contre André L'Espérance ni contre le train touristique Orford Express », mais que les chiffres de l'entreprise soient bons ou non, ils refusent que la Ville de Sherbrooke accepte le « don » de l'homme d'affaires de la région.

Pour les trois conseillers, ce n'est tout simplement pas le mandat de la municipalité d'opérer ce type d'activités.

« On ne remet pas en question le rôle positif que l'Orford Express joue pour le tourisme à Sherbrooke, mais ce n'est pas à la Ville de faire l'achat du train; ce n'est pas son mandat », ont plaidé les trois élus devant les wagons stationnés au marché de la Gare, dimanche.

Les trois conseillers indépendants soutiennent que la Société de transport de Sherbrooke (STS), qui deviendrait la gérante de l'Orford Express advenant son acquisition par la Ville, ne possède pas l'expertise pour exploiter le train touristique.

« C'est utopique de penser que la STS puisse dégager des profits à court terme de l'exploitation du train touristique. C'est un secteur très spécialisé de gérer des trains et le domaine du tourisme est un secteur très concurrentiel. La STS en est très éloignée en oeuvrant dans un univers dont le financement provient en grande partie du public et où elle a une population captive. Avec les nombreux défis qui se présentent à la STS, que ce soit le transport adapté ou le développement du transport urbain dans les zones périphériques, celle-ci devrait se concentrer sur son mandat premier, soit le transport journalier des Sherbrookois dans leur ville », croit la conseillère du district Pin-solitaire, Hélène Dauphinais.

«Le modèle recherché passe par le développement de l'écosystème entrepreneurial.»


Jean-François Rouleau remettait en question la cohérence du maire Bernard Sévigny, qui vantait le projet Entreprendre Sherbrooke et le besoin d'encourager l'entrepreneuriat sherbrookois devant la Chambre de commerce de Sherbrooke le 2 avril dernier.

« Il a dit et je le cite : le modèle recherché passe par le développement de l'écosystème entrepreneurial. Le succès de l'exercice dépend de l'implication des entrepreneurs eux-mêmes.» Alors pourquoi ne pas commencer dès maintenant et laisser le privé prendre sa place? »

« Si la Ville veut être cohérente, elle ne se substituera pas au privé pour opérer une compagnie », renchérit M. Rouleau.

Pas le bon moment

Les trois élus croient qu'en raison de la situation budgétaire qui prévaut à la Ville et des efforts qui sont faits pour réduire la structure de celle-ci, l'achat d'un train touristique n'est clairement pas une priorité.

On demande à tout le monde de faire un effort. L'achat d'un train touristique est très loin d'être une priorité et M. L'espérance signale qu'il s'agit d'une entreprise rentable qui demeurera en service même si la Ville ne s'en porte pas acquéreur. Il faut que la Ville se concentre dans ses mandats prioritaires. Lorsque l'Orford Express a mentionné qu'il ne viendrait plus à Sherbrooke et qu'il s'arrêterait à Magog l'an dernier peu avant l'incendie, est-ce que quelqu'un a levé le petit doigt? Non. Il y avait tout près de 300 000 $ réservés pour le train chez Destination Sherbrooke et on l'a finalement utilisé pour le Musée de l'eau à la plage Blanchard. Le montant a déjà été dépensé. »

Hélène Dauphinais rappelle qu'il est faux de prétendre que le don de M. L'Espérance ne représenterait aucun coût pour les Sherbrookois.

« Ce n'est pas vrai que ce don-là va se faire à coût nul. Il y a pour 1,1 M$ de réparation auxquels vont s'ajouter les coûts de publicité, d'exploitation, de promotion et autres qui vont être à la charge de la STS. Et si c'est déficitaire, ce sont les Sherbrookois qui écoperont de la facture », prévient-elle.

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