Infrastructures: la Ville pourrait être forcée de donner les travaux au privé

Le conseil municipal de Sherbrooke procédera à des représentations auprès des... (Archives La Tribune, René Marquis)

Agrandir

Archives La Tribune, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Le conseil municipal de Sherbrooke procédera à des représentations auprès des instances du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) afin de négocier certaines modifications au programme de subventions applicables aux travaux de réfection majeurs des infrastructures urbaines.

Jocelyn Grenier... (Archives La Tribune, Jessica Garneau) - image 1.0

Agrandir

Jocelyn Grenier

Archives La Tribune, Jessica Garneau

La Ville de Sherbrooke confie régulièrement à ses employés divers travaux de réfection admissibles à des programmes gouvernementaux dont le TECQ. La municipalité voit dans cette façon de faire plusieurs avantages dont des délais de mises en chantier plus courts, le développement d'une expertise interne tant en matière d'ingénierie que de réalisation terrain et la tenue d'une approche citoyenne sur divers aspects (gestion des accès aux résidences, collecte des déchets, alimentation en eau temporaire, etc.).

Or, le MAMOT a inscrit une mention particulière dans le programme TECQ 2014-2018 à l'effet que les dépenses issues de travaux en régie pour la réfection des infrastructures urbaines étaient dorénavant non admissibles à un remboursement. Pour la Ville de Sherbrooke, cela représente une perte d'environ 10 M$ par année sur un budget variant autour de 20 M$ selon les années.

« Pour obtenir la subvention TECQ, la Ville doit investir 28 $ par habitant par année dans son budget consacré à la réfection des infrastructures, ce qui donne environ 4 M$ pour Sherbrooke. Le programme TECQ fournit ensuite environ 10 M$. Avec des revenus résiduels provenant d'autres subventions, nous obtenons un budget d'environ 20 M$ pour l'année en cours », explique Jocelyn Grenier, directeur par intérim du Service des infrastructures urbaines et environnement.

Ces travaux réalisés à l'interne occasionnent des dépenses reliées aux salaires et aux équipements (25 %), à l'achat de matériaux (30 %), à la location d'équipements ou à la réalisation de travaux à l'externe (40 %) et enfin, aux honoraires professionnels externes (5 %).

Advenant que le MAMOT refuse de modifier les règlements encadrant le programme TECQ, la Ville serait forcée de se tourner vers des entreprises privées pour réaliser ses travaux de réfection majeurs.

« Pour les années 2015-2016, nous devrions être corrects pour réaliser tous les travaux que nous voulons. Toutefois, dès 2017, il y aurait inévitablement une baisse des mises en chantier pour la régie », admet M. Grenier.

Actuellement, la presque totalité des travaux de réfection est réalisée en régie.

« Si le règlement ne change pas, la régie devrait se contenter d'effectuer des travaux de moins grandes envergures tels que l'entretien des trottoirs ou l'installation de feux de circulation », illustre M. Grenier.

Québec estime que les contrats donnés aux entreprises privées stimulent l'économie en plus de faciliter les démarches - les vérifications comptables étant plus faciles avec un entrepreneur qu'une municipalité.

« Le fait de faire les travaux à l'interne stimule également l'économie. Bien sûr il y a le salaire de quelques cols bleus, mais ça génère également de l'argent pour les industries de la région qui me fournissent en outils ou pour les fournisseurs de matériaux », souligne M. Grenier.

La Ville a déjà tenté des approches auprès du MAMOT pour modifier la règlementation entourant la subvention TECQ.

« Leur réponse était assez ferme, mais on est persuadé qu'il y a des avantages à travailler en régie comme nous le faisons », indique le directeur du service.

Les représentations des élus municipaux devraient prendre place dans les prochains mois devant le ministère des Affaires municipales et l'Union des municipalités du Québec entre autres.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer