Orford Express: un legs profitable et sincère, assure André L'Espérance

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Luc Larochelle
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(SHERBROOKE) Les études financières commandées par la Ville de Sherbrooke dissiperont vite les doutes quant à son intérêt de devenir propriétaire de l'Orford Express.

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André L'Espérance

Imacom, Jessica Garneau

C'est ce que croit l'homme d'affaires André L'Espérance, principal actionnaire du groupe prêt à céder le train touristique contre un reçu de charité de 8 M$ et un déboursé municipal de 1 M$. Celui-ci servirait à compenser les sommes engagées dans la remise en état des équipements endommagés l'an dernier par un incendie. L'assureur n'a couvert que la moitié des pertes.

Selon M. L'Espérance, la Ville récupérerait rapidement son investissement.

« Si j'étais maire, je n'aurais aucune hésitation. Avec un 1 M$ de profits par année, j'accepterais le train les yeux fermés. Ces bénéfices s'ajouteraient aux retombées touristiques se calculant aussi en millions », a-t-il commenté.

Ceux qui ont bonne mémoire se souviendront que M. L'Espérance a agi en 2001 comme trésorier du comité de transition qui était chargé de structurer la ville unifiée. Il est de ceux qui penchaient alors en faveur de la vente d'Hydro-Sherbrooke pour effacer la dette de l'ancienne ville.

« C'était une mauvaise lecture de la situation. C'eut été une erreur de se départir du réseau municipal d'électricité qui rapporte d'importants bénéfices année après année. La même chose est possible avec le train », juge-t-il.

André L'Espérance précise avoir initié les premières démarches auprès de la Ville de Sherbrooke au début de l'automne dernier.

« Pour moi, ce train appartient à la région. J'ai même déjà dit que si je vendais le train, j'étais mieux de partir avec, car on ne me le pardonnerait jamais. C'est dans cette optique que j'ai approché les autorités sherbrookoises. La Ville de Magog ne peut pas prétendre avoir été tenue dans l'ignorance, car la même offre lui a été faite.

« L'intérêt n'a pas été immédiat. Il s'est écoulé plusieurs mois avant que nous ayons un retour de Sherbrooke. Des discussions plus soutenues ont été engagées en février. Même si je n'ai aucune crainte, j'ai suggéré aux élus de procéder aux vérifications diligentes, d'examiner la proposition sous tous ses angles pour éviter les surprises ».

«Nous cèderions d'abord le fonds de commerce, puis la locomotive et les wagons.»


Les propriétaires de l'Orford Express viennent de recevoir l'évaluation professionnelle chiffrant la valeur du don à 8 M$.

« Comme nous aurions cinq ans pour prendre la perte, le crédit d'impôt serait appliqué en deux temps. Nous cèderions d'abord le fonds de commerce, puis la locomotive et les wagons », explique M L'Espérance qui offre d'accompagner les autorités municipales.

« Il n'est pas question de céder le train à la Ville pour s'en détacher du jour au lendemain. J'aurais du temps à consacrer, l'expertise de mon équipe serait mise à contribution. Nous sommes ouverts à un partenariat d'affaires pour continuer à offrir le train et le bateau de croisière en combo. Nous voulons que ça marche! »

Une acquisition municipale pourrait faciliter l'obtention du statut légal de compagnie de chemin de fer, reconnaissance qui permettrait à l'Orford Express de circuler sur toutes les voies ferrées du pays.

« Nous avons investi 250 000 $ en honoraires juridiques pour faire cheminer cette demande auprès du fédéral et la Ville se qualifierait mieux que nous dans les critères gouvernementaux. Avec ce statut, nous pourrions offrir des escapades partout. Les chutes Niagara sont notamment dans nos cartons ».

M. L'Espérance reconnaît par ailleurs que les autres trains touristiques en arrachent. Celui de la Vallée de la Gatineau n'a pas repris les rails depuis que des pluies diluviennes ont endommagé son réseau en 2011. N'engendrant pas les recettes escomptées, le train haut de gamme du Massif de Charlevoix restera en gare au cours la prochaine année.

« Chaque entreprise a ses particularités. La Ville a nos états financiers, ceux-ci prouvent ce que j'avance. Le professionnel ayant procédé à l'examen de nos chiffres s'est permis de me dire que nous avions une sacrée belle business ».

André L'Espérance détient 75 pour cent des actions de l'Orford Express. L'abbé Donald Thompson et six gestionnaires de l'entreprise se partagent l'autre partie.

« Ça n'a pas été simple de convaincre tout le monde de souscrire à cette proposition, car tous ne sont pas dans ma situation financière et au même niveau dans leur carrière. Mais, tous se sont finalement ralliés à la conclusion que c'était une meilleure option que de vendre à des intérêts extérieurs. Je ne suis pas du genre à menotter des acheteurs avec une clause qui obligerait le maintien des opérations en région. Il est beaucoup plus porteur que Sherbrooke prenne les choses en main et convienne de la meilleure collaboration possible avec Magog », conclut le septuagénaire indépendant de fortune, mais encore engagé dans une multitude de projets.

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