L'Orford Express à la STS: «Il est tellement tôt!»

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(SHERBROOKE) L'acquisition potentielle du train touristique Orford Express par le Ville de Sherbrooke a soulevé bien des questions pour lesquelles les élus affirmaient disposer de bien peu de réponses mardi. La Société de transport de Sherbrooke (STS) a-t-elle les ressources nécessaires pour s'occuper du train? La Ville peut-elle réellement en arriver à une approche de gestion sans injecter des fonds municipaux?

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Bruno Vachon

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« Il est tellement tôt! réagit le président de la STS Bruno Vachon. La question qui a été soulevée était de savoir si nous voulions que le train demeure ici et la réponse est oui. Maintenant, nous sommes à essayer de trouver comment faire pour que ça se produise. Comme la STS détient un permis pour transporter des gens, il semble que de lui confier la responsabilité du train soit la chose la plus logique. »

Rappelons que les propriétaires de l'Orford Express proposent de céder le train gratuitement à la Ville de Sherbrooke en échange d'un reçu fiscal pour don de charité.

La STS doit déjà composer avec plusieurs défis budgétaires, mais M. Vachon avance qu'il faudra encore attendre les évaluations budgétaires avant de se prononcer. « Il faut encore voir combien ça coûterait, si nous avons les ressources pour effectuer la gestion. Pour le moment, ce n'est pas le cas. Nous sommes à faire les analyses et nous ne développons pas qu'un plan A. Si personne ne lève la main pour la gestion du train, nous passerons au plan B ou C. »

La Ville essuie les critiques en étant propriétaire de la place Nikitotek alors que certains jugent que ce n'est pas son rôle. Prêterait-elle le flanc à la critique avec l'acquisition du train? « La comparaison est facile, mais il est certain qu'il faudra tirer des leçons de l'expérience de la place Nikitotek. Il ne faut pas répéter ce qui n'a pas marché. Nous ne nous embarquerons pas là-dedans tête première juste pour dire qu'on garde le train. La STS n'a pas avantage à se mettre dans une position vulnérable. Ce qui est rassurant, c'est qu'il n'y a rien qui ressemble plus au privé, dans son mode de gestion, que la STS. »

M. Vachon admet que certains plans n'excluent pas un investissement de la Ville. « Mais avant d'aller là, il faudrait voir combien ça peut rapporter. »

La conseillère Hélène Dauphinais soulevait quant à elle des questions. « Je me demande si c'est de la responsabilité de la Ville de gérer un train. S'il est rentable, pourquoi le propriétaire ne le vend pas à un autre privé? Dorénavant, est-ce que les entrepreneurs qui voudront se départir de leur entreprise nous la donneront pour que nous nous en occupions? Nous sommes dans une période exigeante, dans les bouleversements de l'optimisation et tout le monde est appelé à se remettre en question. L'organisation est sous tension et elle veut s'engager dans une nouvelle aventure? »

Mme Dauphinais estime que la Ville est à faire des « contorsions pour trouver des solutions à quelque chose qui n'est pas notre problème. La réflexion devrait se faire avant d'entrer dans les détails. Avec les négociations, la restructuration des régimes de retraite, l'aéroport, le centre de sûreté ALERTE, a-t-on besoin d'un autre projet? Je ne sais pas si c'est le rôle de la Ville de se substituer à l'entreprise privée. Il faut que ces débats aient lieu. »

Son collègue Julien Lachance s'est dit ouvert. « Il faut trouver le bon modèle. Il vaut la peine d'étudier le dossier pour son potentiel de développement économique. C'est un projet important pour Sherbrooke. Si nous pouvons être des facilitateurs. »

Jonathan.custeau@latribune.qc.ca

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Annie Brunelle

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Une «assiette» suffisamment pleine

Comment expliquer qu'André L'Espérance souhaite soudainement donner son train touristique à la Ville de Sherbrooke? Le principal intéressé n'était pas disponible mardi pour fournir une réponse à cette question.Chargée d'aller au-devant des journalistes, la directrice générale adjointe de l'Orford Express, Annie Brunelle, a fait valoir que « l'assiette » de M. L'Espérance et de son équipe touristique est pleine à l'heure actuelle.

Entre autres, l'homme d'affaires mijote un important projet hôtelier qui verrait le jour à Orford, à proximité de la station Mont Orford. Il est également propriétaire du Grand cru, un bateau de croisière naviguant sur le lac Memphrémagog.

« André L'Espérance est un homme occupé, souligne Annie Brunelle. En plus, en ce moment, notre équipe ne peut pas travailler autant qu'elle le désirerait sur les projets qu'on a. On a le goût de reprendre un peu plus le contrôle, sans faire grossir notre équipe. »

Évidemment, l'homme d'affaires aurait pu décider de vendre son train à une autre entreprise. Toutefois, s'il avait choisi cette option, il lui aurait vraisemblablement été difficile d'empêcher un acquéreur de déménager l'Orford Express dans une autre région. « Jamais il n'aurait voulu ça », lance Mme Brunelle.

La porte-parole de l'entreprise ajoute par ailleurs que le train n'est pas devenu un boulet financier pour son propriétaire. « On ne cherche pas à s'en débarrasser parce ce que ça ne va pas bien. Ce n'est vraiment pas ça! »

D'ailleurs, advenant que Sherbrooke refuse l'offre qui lui a été faite, l'Orford Express reprendrait ses activités en 2016. La construction d'une voie d'évitement à Magog redeviendrait sans doute une nécessité dans un tel cas.

La destination favorite

D'après Mme Brunelle, la Ville de Magog ne devrait pas s'inquiéter outre-mesure de voir le train touristique être cédé à la Ville de Sherbrooke. Elle pense que l'Orford Express continuerait à engendrer des retombées non négligeables en sol magogois même si Sherbrooke acceptait le don qui lui a été proposé.

« Eastman reste la destination que les gens préfèrent et, pour se rendre là, il faut passer par Magog. Nos clients demandent aussi à ce qu'on s'arrête à la pointe Merry », explique-t-elle.

Par ailleurs, elle laisse entendre qu'il serait malheureux de voir les intervenants touristiques de la région cesser de collaborer ensemble si le projet de don se concrétisait.

« On fait des efforts depuis des années pour que les barrières tombent. Une région qui travaille en concertation, c'est le meilleur moyen pour réussir à attirer des gens de l'extérieur. »

Avant l'éventuelle cession du train, la rénovation du wagon incendié en avril dernier, à quelques semaines de la saison 2014, serait complétée. Notons que le propriétaire de l'Orford Express aurait jusqu'à présent investi au-delà de 10 millions $ dans son entreprise.

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Alain Larouche

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Tourisme Cantons-de-l'Est n'y voit pas une mauvaise nouvelle

Le directeur de l'organisme Tourisme Cantons-de-l'Est, Alain Larouche, demeure prudent en commentant l'éventuelle cession de l'Orford Express à la Ville de Sherbrooke.

« On ne sait pas encore comment ça finira, ce projet, déclare M. Larouche. On n'a peu d'information pour le moment. Mais moi je pense que ce serait gagnant pour la région si l'Orford Express continuait à se promener sur nos chemins de fer. À mon avis, ce qu'on vient d'apprendre n'est pas une mauvaise nouvelle. »

À ses yeux, les villes de Sherbrooke et Magog sont « condamnées à s'entendre » dans ce dossier. « Ce sont les deux villes qui en profiteraient le plus, après tout », fait-il valoir.

Par ailleurs, Alain Larouche ne paraît pas particulièrement étonné qu'André L'Espérance envisage de faire don de son train à la Ville de Sherbrooke. « Il l'a dit dans le passé qu'il voulait faire un legs à la région. Et puis c'est un entrepreneur philanthrope. »

M. Larouche estime également normal que Sherbrooke songe à accepter le don que M. L'Espérance lui a proposé. « L'arrivée du train touristique a un peu concrétisé le démarrage de cette ville en tourisme. En plus, l'émission de Josélito Michaud lui a amené de la notoriété », note-t-il.

- Avec Jean-François Gagnon

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