Sévigny voit la Silicon Valley du Québec

Bernard Sévigny... (Imacom, Frédéric Côté)

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Bernard Sévigny

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(SHERBROOKE) La fibre entrepreneuriale de Sherbrooke pourrait-elle vibrer au point d'en faire la Silicon Valley du Québec? C'est en quelque sorte ce que souhaite le maire Bernard Sévigny, qui prononçait mercredi son discours annuel devant les membres de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

En plaidant pour un écosystème entrepreneurial, il a invité les acteurs économiques, les entrepreneurs et les acteurs institutionnels à un remue-méninge, une réflexion, ce printemps, qui mènerait à un forum sur l'entrepreneuriat en novembre. Il espère que s'en dégageront des projets concrets.

« L'objectif de ce forum sera d'illustrer notre stratégie entrepreneuriale par les actions qu'on va privilégier, par les outils qu'on va choisir de développer à l'intention des entrepreneurs, par les projets qu'on priorisera et par les activités qu'on va choisir de mettre sur pied et d'animer pour et par les entrepreneurs. [...] L'objectif de cet exercice est d'aller plus loin pour que l'on puisse développer ensemble de véritables réflexes entrepreneuriaux, développer et nourrir une véritable culture entrepreneuriale à Sherbrooke », a expliqué M. Sévigny.

En novembre, après quatre ou cinq mois à réfléchir, les intervenants se verront présenter les projets priorisés par les entrepreneurs. « Je ne connais pas le résultat puisqu'il viendra des entrepreneurs. Ce seront des projets, des programmes très concrets. Pour chacun des projets, il y aura des gens qui les porteront et il y aura un suivi pendant trois ans, par des gens engagés pour ça, pour que le plan de match se réalise. Il manque encore des éléments dans la chaîne entrepreneuriale pour la développer, l'incuber et avoir une entreprise. »

«Il n'y a rien de comparable au Québec actuellement. Il y a un espace que nous pouvons et devons occuper»


Le maire a alors évoqué Silicon Valley, mais aussi Boulder au Colorado, la communauté entrepreneuriale de Boston, de même que celle de Kitchener-Waterloo en Ontario. « Il n'y a rien de tel, rien de comparable au Québec actuellement. Il y a là un vide, un espace que nous pouvons et devons occuper. Je suis convaincu que nous avons la capacité et le talent pour saisir cette opportunité. [...] Nous sommes une communauté qui a du ressort, qui sait rebondir. Nous sommes une ville de gagnants qui n'acceptent pas de se faire dire non. »

Selon lui, il faut concevoir le modèle pour laisser toute la place aux entrepreneurs. « Les feeders, ce sont tous les autres : la Ville, Sherbrooke Innopole, l'Université... Les institutions, les acteurs du développement doivent arriver en appui aux entrepreneurs et pas l'inverse. Il faut mettre les entrepreneurs au coeur de nos préoccupations. »

L'objectif pour la maire est de trouver une façon de « rebondir » dans un contexte de climat de morosité. Il cite les réductions budgétaires imposées par les gouvernements des trois dernières années, qui ont retranché 60 M$ à l'économie locale. Il parle aussi du plan d'optimisation à la Ville de Sherbrooke, qui propose d'épargner 11 M$, dont 7 en masse salariale. « Le budget provincial du ministre Leitao n'a rien de rassurant pour la prochaine année pour la ville institutionnelle et universitaire que nous sommes.

« Manifestement, nous sommes dans le creux de la vague. C'est à nous de changer cette atmosphère en opportunité. [...] Je suis convaincu que nous assisterons plus tôt que tard à une vigoureuse reprise économique. Nous avons le devoir de nous préparer et de nous positionner. »

Parmi les grands défis, ceux du recrutement de la main-d'oeuvre, de la rétention des jeunes, de l'intégration des immigrants, de la persévérance scolaire et celui de terminer le virage vers une économie du savoir.

Bernard Sévigny a profité de l'occasion pour vanter le travail déjà effectué, parlant entre autres de l'incubateur d'entreprises. « Il y a un buzz à Sherbrooke, un léger bruit de fond qu'il nous appartient de transformer en symphonie ou, mieux encore, en cacophonie... »

Bien conscient que la culture entrepreneuriale « ça ne se décrète pas », M. Sévigny a invité tous les acteurs du milieu à se regrouper pour réaliser une démarche collective de positionnement.

La dernière grande réflexion sur le monde entrepreneurial en 2005 avait entraîné la tenue du Sommet économique de Sherbrooke en 2007. « Ce n'est pas le genre d'exercice que l'on tient chaque année. Il s'agit plutôt de moments charnières dans la vie d'une communauté. Le moment est véritablement arrivé pour nous. »

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