Se remettre d'un AVC à la maison

Qui eut cru qu'un jour Internet permettrait à des gens de se remettre de leur... (Imacom, René Marquis)

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Imacom, René Marquis

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Qui eut cru qu'un jour internet permettrait à des gens de se remettre de leur accident vasculaire cérébral (AVC) dans le confort de leur foyer? C'est pourtant ce qu'est en train de réaliser l'équipe de la professeure Hélène Corriveau de la Clinique universitaire de réadaptation de l'Estrie (CURE) grâce à un projet en téléréadaptation financé en partie par la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC.

L'équipement nécessaire au fonctionnement du programme est assez simple. Il suffit d'un ordinateur doté d'un écran tactile et d'une caméra montés sur un trépied et installés chez le patient. Les participants peuvent ainsi effectuer leurs exercices de réadaptation directement en ligne avec leur thérapeute, et ce au moment qui leur convient.

Le programme est en place depuis septembre et l'équipe de la professeure Corriveau est à évaluer son potentiel d'implantation dans le milieu de la santé, notamment en fonction du taux de satisfaction des utilisateurs. Et selon elle, les résultats préliminaires sont encourageants. D'autant plus, ajoute-t-elle, que le projet permet aux patients d'entreprendre rapidement leur réadaptation, ce qui représente un élément-clé dans le traitement d'un patient ayant subi un AVC.

Rapidité

« Toutes les études le prouvent : plus vite un patient se remet à bouger avec intensité après un AVC, plus il augmente ses chances de récupérer. Souvent, ce sont des gens malades, dont l'état de santé ne leur permet pas toujours de se rendre à leur rendez-vous. Or, le fait de pouvoir suivre le traitement chez eux, là où ils se sentent bien, sans avoir à se déplacer à l'hôpital ou à la clinique, contribue aussi au succès du traitement », précise Mme Corriveau.

La professeure sherbrookoise reconnaît néanmoins que la téléréadaptation possède ses limites. Ainsi, pour certains, thérapeutes, le fait de ne pas pouvoir toucher au patient lors de ses exercices représente une limite que seule une visite en personne peut remédier.

« C'est vrai que le fait de ne pas toucher représente un changement de pratique, dit-elle. D'autant plus que lorsque j'enseigne, je dis toujours à mes élèves que la réadaptation repose sur trois sens : on doit donner des consignes, on doit regarder et on doit toucher. C'est la raison pour laquelle, on mène ce projet-là avec des cliniciennes pour avoir à la fois le taux de satisfaction des patients, mais aussi des thérapeutes », ajoute Mme Corriveau.

Quatre équipes de recherches mènent présentement des expériences à ce chapitre au Canada. Le projet global a reçu une aide de 1,3 M$ et vise à offrir la téléréadaptation à plus de 200 personnes réparties dans 10 villes canadiennes. Le projet sherbrookois bénéficie d'une aide financière de 98 000 $.

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