Éducation : le budget Leitao déjà «catastrophique» à Sherbrooke

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Les mesures de resserrement contenues dans le budget Leitao risquent de se tradurie par des compressions qui pourraient varier de 4,5 à 6 millions $ à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke. «C'est clair qu'à ce niveau-là, on ne pourra plus éviter de toucher aux services aux élèves. Il va y avoir des impacts», s'inquiète le président Gilles Normand.

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Un vent de panique soufflait vendredi sur la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), quant à l'impact du budget Leitao sur le fonctionnement de la commission scolaire. On parle de compressions pouvant varier entre 4,5 et 6 M$, selon les premières évaluations faites à partir des données disponibles dans les documents budgétaires.

Le président de la CSRS, Gilles Normand, n'y est d'ailleurs pas allé par quatre chemins. « Ça s'annonce comme une catastrophe! Si les crédits viennent confirmer ce qu'on anticipe, on parle de compressions qui pourraient varier de 4,5 à 6 M$. Si c'est le cas, c'est catastrophique pour tout le travail qu'on a fait depuis 10 ans en faveur de la réussite scolaire, pour contrer le décrochage scolaire et pour le maintien des élèves à l'école », a lancé le président, visiblement secoué.

Pour bien mesurer l'ampleur de ces nouvelles compressions, M. Normand a rappelé qu'en septembre dernier, la CSRS avait dû adopter un plan de redressement de 3 M$ à la suite d'un budget déficitaire découlant des compressions imposées par Québec. La CSRS devait trouver 1,8 M$ pour l'année en cours, et quelque 1,2 M$ d'ici 2016-2017.

« Et là, on nous annonce pour 2015-2015 des compressions entre 4 et 6 millions. Je le répète : si les crédits qui seront annoncés à la suite du budget viennent confirmer ce qu'on pense, ça s'annonce pour être catastrophique... »

M. Normand rappelle que depuis cinq ans, la CSRS a dû composer avec des vagues de compressions totalisant 11 M$ (sans tenir compte de celles annoncées jeudi par le ministre Leitao). « Jamais depuis que je suis entré en poste, en 1998, je n'ai vu des compressions de cette ampleur-là », a-t-il ajouté au sujet des compressions anticipées. Tout ça, ajoute-t-il, alors que la CSRS est l'une des commissions scolaires qui présente l'un des taux de gestion les plus bas au Québec à 4,5 %.

« C'est clair qu'à ce niveau-là, on ne pourra plus éviter de toucher aux services aux élèves. Il va y avoir des impacts. C'est impensable de penser à absorber des compressions comme celles-là sans que cela n'ait un impact sur tout ce qu'on fait pour contrer le décrochage et favoriser la réussite scolaire. »

Le budget de la CSRS est d'environ 240 M$.

Le Cégep s'attend à un nouvel effort d'un million

Les nouvelles sont également mauvaises pour les établissements d'enseignement postsecondaire de la région au lendemain du budget Leitao. Le Cégep de Sherbrooke s'attend à un nouvel effort budgétaire d'environ 1 M$, tandis que l'Université Bishop's anticipe des compressions de l'ordre de 700 000 $.

La directrice du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, a écrit à ses employés, vendredi. « À la lumière des informations figurant dans le budget 2015-2016 (...), la Fédération des cégeps anticipe une compression de l'ordre de 40 M$ imposée au réseau collégial. Pour le Cégep de Sherbrooke, l'effort budgétaire pourrait se chiffrer à environ 1 M$ », indique-t-elle.

« On pense que ça devrait être autour de 900 000 $. On est bien déçu qu'une nouvelle fois, l'éducation écope », a indiqué Marie-Claude Dupoy, directrice du service des communications et des affaires corporatives au Cégep de Sherbrooke.

« Nous poursuivrons dans les prochains jours nos représentations auprès des dirigeants politiques et des instances ministérielles pour faire valoir les conséquences de ces coupes sur notre communauté collégiale et pour solliciter des mesures de soutien », a également fait valoir Mme Bélanger.

« On considère que c'est le coeur du Cégep qui est attaqué. On ne sait pas où ils vont couper », déplore le président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS), Steve McKay. Ce dernier s'attend toutefois à une dégradation des services aux étudiants et à d'autres pertes d'emploi. « On pense qu'il faut passer à l'offensive », lance-t-il. Il rappelle que les membres du SPECS ont voté en faveur d'une participation à la « grève sociale du 1er mai ».

Pour le Cégep, il s'agirait d'une septième coupe en quelques années. La direction a déjà supprimé une vingtaine de postes, en plus d'avoir mis sur la glace certains projets et d'avoir adopté un budget déficitaire en septembre dernier. Elle a aussi haussé récemment la contribution financière des étudiants pour certains services.

Universités

À l'Université Bishop's, on s'attend à ce que les compressions de 70 M$ annoncées dans le budget Leitao pour l'ensemble du réseau universitaire se traduisent par une ponction de 700 000 $ dans le budget de fonctionnement de l'université anglophone qui est de l'ordre de 49 M$.

« Ce sont 700 000 $ qui s'ajoutent à notre plan de redressement de 2,4 M$ sur lequel nous travaillons et que l'on doit produire pour la fin de l'année financière, a indiqué Isabelle Goyette, vice-principale aux finances par intérim. Ça ne fait qu'aggraver notre situation...»

La direction de l'Université de Sherbrooke a préféré ne pas commenter, indiquant qu'elle analyse présentement la situation. Les chefs d'établissement universitaire de la province ont toutefois « exprimer leur déception » devant les nouvelles coupes.

« Au cours des trois dernières années, les universités avaient déjà vu leurs budgets réduits de plus de 200 M$. Ce budget porte les compressions à plus de 270 M$, soit 9,7 %, depuis l'année 2012-2013. Cet effort financier supplémentaire affectera inévitablement la qualité et l'accessibilité des études universitaires pour les étudiants et nuira à la prospérité du Québec tout entier.

Afin de contester les mesures d'austérité du gouvernement Couillard, plusieurs associations étudiantes de Sherbrooke et de la province sont en grève. Les étudiants du Cégep de Sherbrooke se prononceront le 8 avril.

- Avec Isabelle Pion

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