Budget: vive inquiétude pour l'éducation

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(Sherbrooke) «J'ai beaucoup d'inquiétude. La santé a pris beaucoup de place dans les dépenses du gouvernement. Si la santé peut gagner des campagnes électorales, la prospérité d'une société passe par l'éducation et le savoir. Quand je vois cette faible hausse de 0,2 % des dépenses en éducation, je ne suis pas inquiet, je suis très inquiet», a déclaré le fiscaliste Réal Létourneau, de Raymond Chabot Grant Thornton.

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Réal Létourneau

Imacom, René Marquis

L'inquiétude concernant la faible importance accordée à l'éducation par le gouvernement Couillard était généralisée chez les représentants socioéconomiques invités jeudi à La Tribune pour réagir, en direct, au dépôt du budget provincial.

«La santé nous soigne aujourd'hui, mais le savoir nous fera grandir demain. Ce budget nous démontre que le gouvernement ne croit pas au savoir. Et on ne peut parler de prospérité sans croire au savoir. Si j'avais 20 ou 25 ans, je pense que je serais découragé. Je pense même que je déménagerais», a ajouté M. Létourneau, précisant du même souffle que le savoir sous-entend une notion de prévention qui améliorerait les coûts de santé à plus long terme.

Dans le milieu académique, le découragement est déjà palpable. «Les professeurs n'ont plus le temps de travailler sur leurs demandes de subvention. Notre charge administrative est beaucoup plus lourde que ce que l'on voit ailleurs au Canada ou en Amérique du Nord. On ne peut plus être concurrentiels et le rythme de succès est en chute. C'est dramatique. On perd déjà des collègues», relate le professeur Luc Savard, de la faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke.

Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, partage l'inquiétude généralisée au sein des invités de la table ronde. «On fonde le développement d'une ville universitaire sur le savoir alors c'est effectivement préoccupant de voir le manque d'intérêt de la part du gouvernement», soutient le maire, qui estime que les coupes du gouvernement provincial au cours de la dernière année, tous domaines et programmes confondus, s'élèvent déjà à plus de 50 M$ pour la région sherbrookoise.

«Je suis heureux qu'on atteigne l'équilibre budgétaire, mais j'aurais préféré qu'on hausse la TVQ de 1 % et qu'on investisse cette somme en éducation», résume M. Létourneau.

«C'est un budget dogmatique et idéologique. Il nous ramène à l'équilibre budgétaire en créant un déficit social important au Québec.»


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Jean Lacharité

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De son côté, le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, s'inquiète pour l'éducation, mais aussi pour le réseau de santé.

«C'est un budget dogmatique et idéologique. Il nous ramène à l'équilibre budgétaire en créant un déficit social important au Québec. L'augmentation de 1,4 % en santé ne couvrira pas les coûts de systèmes. Cela se traduira par des compressions. On jouera dans le panier de services. Et la solution, si les services ne sont plus accessibles dans le public, sera la privatisation de la santé», relate M. Lacharité.

«C'est le modèle québécois qui est remis en cause. On ratatine le rôle de l'État et nivelle par le bas dans les services. On assiste à une Harperisation du Québec», craint le vice-président de la CSN.

Peu de mesures concernant l'entrepreneuriat dans ce 2e budget de Carlos Leitao. «Un budget mi-figue mi-raisin aucunement axé sur la main-d'oeuvre, la commercialisation et la productivité», croit Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole, qui soutient que le sous-investissement en éducation aura pour conséquence d'accroître la rareté de main-d'oeuvre qualifiée nécessaire au succès des entreprises. »

Certaines mesures timides et diffuses ont été annoncées pour les entreprises. Mais j'aurai aimé voir des mesures claires pour assurer, notamment, le réinvestissement et l'arrimage entre le milieu du travail et les programmes de formation de façon à régler l'enjeu de la main-d'oeuvre», a déclaré Annie Lessard, présidente de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

Par ailleurs, le maire de Sherbrooke ajoute que, sur le plan strictement municipal, il préfère négocier le prochain pacte fiscal avec un gouvernement en équilibre budgétaire plutôt qu'un gouvernement en déficit budgétaire.

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