Budget Leitao: le Centre femme-jeunesse-famille verra le jour

Le projet Femme-jeunesse-famille, que l'Estrie attend depuis longtemps, revient... (Archives La Tribune)

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(Québec) Le projet Femme-jeunesse-famille, que l'Estrie attend depuis longtemps, revient sur la liste des dossiers prioritaires du gouvernement du Québec. Y'a pas de chiffre au bout de la ligne mais ce pavillon apparaît dans les documents budgétaires dévoilés hier parmi cinq «projets majeurs mis à l'étude dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2015-2025».

Le purgatoire n'aura donc duré qu'une année.

Rappelons que l'ex-ministre Réjean Hébert avait confirmé sous le gouvernement Marois que le projet estimé de 120 M$ avait atteint cette étape finale d'approbation. Les libéraux de Philippe Couillard l'avaient retiré de la liste l'an dernier en prétextant que leurs prédécesseurs avaient contracté trop d'engagements par rapport aux maigres moyens de l'État québécois.

«Nous, quand on annoncera un projet au PQI, c'est qu'il se réalisera» avait justifié l'été dernier le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

J'ai attendu le ministre Barrette dans les corridors de l'Assemblée nationale après le discours du budget.

«Je ne me dédis jamais et je ne me dédierai pas aujourd'hui. Bientôt, j'irai avec mes collègues faire une annonce qui, j'en suis convaincu, va réjouir la population de l'Estrie. Quand je dis que ça va se faire, c'est que ça va se faire», a répondu sans hésitation M. Barrette.

Logiquement, cette annonce devrait être l'allocation cette année des sommes nécessaires pour la confection des plans. On talonnera le ministre sur le calendrier de réalisation quand il viendra.

«C'est une excellente nouvelle», s'est réjoui le député de Saint-François, Guy Hardy, qui a piloté le dossier.

«Moi, je laisse tout le crédit aux députés les jours de réjouissance et je prends les blâmes quand ça va mal», a pour sa part rigolé le ministre responsable de l'Estrie, Pierre Paradis.

Tant qu'à verser dans l'humour, ça nous prenait vraiment un nom comme «Centre intégré de santé et services sociaux de l'Estrie-CHUS» pour notre superstructure régionale?

Les comptables du ministère des Finances ne s'embarrassent pas des noms à n'en plus finir. Le projet inscrit dans le budget est le «Centrefemme-jeunesse-famille de l'Hôpital de Fleurimont».

Si on reçoit l'argent, on garde le nom!

Marche dans la neige. Dans le vent. Il a fallu affronter un blizzard hostile pour atteindre notre refuge en flanc de montagne, samedi soir, au parc national du Mont-Mégantic. Une fois rendus, il a fallu attendre que le poêle prenne le dessus sur l'humidité avant de goûter la récompense de nos efforts.

Ce sont les images qui me sont revenues en épluchant le budget. Les Québécois ouvrent la porte de l'équilibre budgétaire sans pour autant mettre le pied dans une zone de confort.

Pour l'an prochain, il n'y a que des brindilles pour chauffer la relance : 121 M$ sur un budget approchant les 100 milliards. Pour l'essentiel, l'oxygène n'arrivera qu'au cours des deux dernières années de la planification quinquennale. Les allègements fiscaux pour les particuliers sont chiffrés à 2 milliards sur cinq ans. Ils sont de zéro cette année et d'à peine 141 millions l'an prochain. Pour le reste, patience!

La contribution santé sera grignotée comme un biscuit. Sa lente disparition ne débutera qu'à compter du 1er janvier 2017 et le retour aux citoyens au cours de la première année ne sera que de 81 M$ sur les 743 M$ actuellement déboursés.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a qualifié son plan budgétaire de «robuste». Il le faudra, car autrement nous ne verrons jamais la couleur de cet argent.

Le gouvernement croit pouvoir contenir la croissance des dépenses au cours des cinq prochaines années. L'exercice financier commençant le 1er avril sera un bon test.

Les commissions scolaires, les cégeps et les universités de toute la province n'auront que 110 M$ à se partager pour absorber les «coûts de système», une majoration d'à peine 0,6 pour cent.

Les gestionnaires de la santé sont mieux d'aiguiser leurs crayons car l'enveloppe provinciale pour rendre les services ne sera indexée que de 1,4 pour cent. Malgré une majoration de 4,3 pour cent pour l'année qui s'achève, de douloureuses compressions ont dû être appliquées ces derniers mois en Estrie comme ailleurs au Québec.

Pour que les projections budgétaires se concrétisent, il faut que les employés du secteur public acceptent telles quelles les offres que le gouvernement Couillard a mises sur la table. C'est évidemment peu probable à moins que le décret qui imposera les conventions collectives soit déjà en rédaction. Remarquez, les pancartes des manifestants nous fourniraient du bois à brûler!

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