Une mère de jeunes enfants en mission au berceau de l'Ebola

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Les enfants de Guinée sont très impressionnés par les « blancs » qui travaillent au Centre de traitement de l'Ebola à Maceta, dit Sylvie Desaultels.

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(SHERBROOKE) L'épidémie d'Ebola a commencé en décembre 2013 dans la ville de Macenta, en plein coeur de la Guinée forestière. C'est exactement là que s'est rendue Sylvie Desautels pour une mission de six semaines. En effet, cette travailleuse sociale du CSSS-IUGS revient tout juste de la Guinée, où elle a participé à l'effort international pour combattre l'Ebola. Tout un défi pour Mme Desautels, mère de trois jeunes enfants de 8 , 6 et 4 ans.

Une petite crainte à l'idée de plonger au berceau de la virulente épidémie? « Quand on voit toutes les mesures qui sont mises en place pour la sécurité des travailleurs, non, on n'a pas vraiment peur quand on est là-bas. L'habit de protection que l'on doit porter prend 15 minutes à mettre et 15 minutes à enlever; vous voyez à quel point c'est contrôlé! »

La travailleuse sociale était responsable d'une équipe de Guinéens au Centre de traitement d'Ebola (CTE) et elle devait leur enseigner les bases de l'intervention psychosociale, une matière qui n'existe pas vraiment dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Un mot-clé pour bien réussir son travail? Communiquer.

En effet, les différences culturelles se sont présentées sous de multiples formes.

«Une fois, une femme a refusé qu'on la photographie à cause de la honte, de la peur que des gens la reconnaissent sur ce mur.»


Sylvie Desautels cite un exemple. Des dizaines de photos étaient exposées sur un mur à l'entrée du CTE de Maceta : toutes des personnes qui ont vaincu la maladie. Pour les employés du CTE, il s'agit d'une grande fierté, de la preuve concrète que leurs efforts portent leurs fruits. Mais pour certains Guinéens qui retourneront chez eux, il y a trop de préjugés à combattre, trop de honte d'avoir été malade pour qu'il soit agréable de voir son visage exposé sur ce mur.

« Une fois, une femme a refusé qu'on la photographie à cause de la honte, de la peur que des gens la reconnaissent sur ce mur. Pour moi comme travailleuse sociale québécoise, ça allait de soi qu'on allait respecter son choix. Mais pour les employés guinéens, il était hors de question qu'elle parte sans avoir sa photo sur le mur. On a dû discuter longtemps du concept de libre choix », explique Mme Desautels.

Écouter

Autre mission? Écouter le personnel soignant qui en avait vu de toutes les couleurs depuis l'ouverture du CTE.

« Quand je suis arrivée, c'était une période d'accalmie, il y avait moins de malades. Les Guinéens sur place avaient besoin de parler de ce qu'ils avaient vécu. »

Une accalmie d'une durée malheureusement indéterminée. En effet, malgré tous les efforts de sensibilisation de la Croix-Rouge et autres organismes sur place, la maladie continue de se propager d'une personne à l'autre à cause de certains rites funéraires notamment.

« Une personne continue d'être contagieuse après sa mort. Or, un des rites funéraires de la Guinée consiste à laver le corps du mort et, ensuite, tous les gens s'essuient le visage avec cette serviette... Donc, il suffirait d'un seul enterrement où ce rite serait respecté pour faire face à une nouvelle vague de malades », soutient Sylvie Desautels.

La sensibilisation se poursuit donc quotidiennement auprès des Guinéens, mais la marche est élevée parfois. En effet, les « blancs » sont souvent perçus avec méfiance, voire pire.

« La Croix-Rouge s'est installée à Maceta en octobre. Au début, les gens se faisaient lancer des pierres. Les employés guinéens qui sont venus travailler au CTE étaient parfois reniés par leur famille! Il y a quand même eu une grande évolution depuis le début de la mission », explique Sylvie Desautels.

De retour à la maison depuis plus d'une semaine, la Sherbrookoise semble ravie de son expérience et profite maintenant de ses enfants qui lui ont manqué. « J'espérais pouvoir vivre une expérience de travail comme ça un jour. Mon mari m'a beaucoup soutenue dans ce projet, et mes enfants ont été compréhensifs », ajoute-t-elle.

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