Avortements: le discours de Barrette ne convainc pas au CHUS

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Gaétan Barrette

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(SHERBROOKE) Les médecins pratiquant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) ne sont pas rassurés par les propos du ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui affirmait mercredi que l'accès aux avortements ne serait pas restreint au Québec. C'est du moins ce qu'affirme Francis Jacot, chef de service à la clinique de planning, de santé sexuelle et de planification familiale du CHUS.

Le Dr Jacot est l'un des signataires de la lettre de mécontentement du collectif de médecins et de professionnels du domaine de l'avortement et de la planification de naissance qui dénonce le projet de loi 20.

«Nous sommes pas mal inquiets. Le premier ministre et le ministre de la Santé ont dit qu'ils ne voulaient pas limiter l'accès à l'avortement. Que ce n'est pas leur intention. Je les crois, mais c'est ce que ça donnera quand même avec leur histoire de quotas. Le diable est dans les détails», lance-t-il.

«À Sherbrooke, il y a plusieurs médecins qui ne font qu'une journée en avortement et le reste du temps, ils font de la médecine familiale. Avant qu'ils soient exemptés des quotas, ça peut prendre du temps.»

Francis Jacot qualifie les réponses des élus de « patinage de politicien ». «Les médecins des groupes de médecine familiale qui font des avortements devront continuer d'avoir 1500 patients...»

À Sherbrooke, il n'y a que la clinique de planning qui pratique des IVG. Les sept ou huit médecins qui s'y trouvent en réalisent environ 1000 chaque année.

«Le problème, c'est que les jeunes médecins sont très inquiets. Ça ne facilite pas l'accès de la relève. Pour pouvoir faire des avortements, il faut être formé et avoir une place adaptée pour le faire. Et M. Barrette dit qu'il y aura des dérogations pour les médecins consacrant le plus clair de leur temps aux IVG. Mais la même chose se produira dans plusieurs autres domaines et tout le monde se retrouvera à demander une exemption. C'est à dormir debout!»

Le Dr Jacot répète qu'un médecin qui veut garder actifs les 1500 patients de sa liste risque d'avoir des problèmes si une femme se présente directement à un des guichets d'accès à un avortement. «Il faudra encore des exemptions.»

M. Jacot s'est par ailleurs dit agréablement surpris du tollé soulevé par la question de l'avortement hier. « J'étais content de voir comment les gens ont à coeur l'accès à l'avortement.»

Le médecin mentionne que la loi 20 lui compliquera la vie, mais aussi celle des intervenants des autres domaines de la santé. «Les quelques médecins qui seront obligés de prendre 1500 patients au bout du compte vont capoter et ils ne tiendront pas.»

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