Monsieur Cauchon, vous ferez bonne impression chez nous!

Martin Cauchon... (Imacom, Frédéric Côté)

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Martin Cauchon

Imacom, Frédéric Côté

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La Tribune

Tous doivent se réjouir de la conclusion récente de la transaction entre le Groupe Gesca et le Groupe Capitales Médias qui a mené à l'acquisition de six quotidiens régionaux par le nouveau groupe de presse de monsieur Martin Cauchon.

Par cette transaction, notre quotidien La Tribune passe aux mains d'un nouveau groupe de presse au Québec. Mieux encore, M. Cauchon a affirmé haut et fort lors d'un passage remarqué et remarquable à l'émission Tout le monde en parle de Radio-Canada qu'il croyait en l'avenir des quotidiens régionaux et au modèle de l'imprimé. De telles affirmations sont de la musique à mes oreilles, moi qui ne cesse de répéter que l'imprimé a toujours un avenir dans notre monde, et ce, malgré les apparences d'une vie numérique toute puissante.

Il est fréquent que des gens prédisent la fin de l'imprimé. Pourtant, les faits contredisent ces affirmations. Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire dans ces pages, le monde de l'imprimé connaît plutôt une phase importante de mutations sous l'impulsion d'innovations. Le monde des médias connaît les mêmes phénomènes, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille compter le journal imprimé que vous tenez en main ce matin comme un objet en voie de disparition.

Si je me fie aux transformations vécues dans notre industrie, les mutations de ce secteur de notre économie viennent moduler notre rapport aux objets imprimés, mais en aucun cas elles ne les font disparaître. L'industrie de l'imprimé et des communications graphiques représentent 2241 entreprises et 42 320 emplois au Québec. Plutôt que de voir l'imprimé comme une espèce en voie de disparition, il faut plutôt le voir comme en recomposition. Je suis plus convaincu que jamais que le marché de l'imprimé est un marché d'avenir grâce à l'innovation et à la résilience du «bon vieux papier imprimé».

Pas de modèle rentable

C'est pourquoi je ne peux que me réjouir des déclarations du nouveau président du Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, qui croit en l'avenir de nos quotidiens imprimés et en celui de l'information régionale. Malgré ce que peuvent en dire certains, le papier est là pour rester, car il n'y a pas encore de modèles d'affaires rentables pour les publications électroniques.

À titre d'exemple, je peux citer que le magazine d'actualité américain Newsweek annonçait, en décembre 2013, un retour en format papier après un an d'expérience en édition entièrement numérique. Il faut comprendre que les modèles Web se situent dans un univers culturel du tout gratuit. Il est alors fort difficile de convaincre les utilisateurs des diverses plateformes électroniques de payer pour des contenus qu'ils veulent obtenir gratuitement.

D'autre part, si l'on observe bien la situation, la plupart des contenus électroniques sont popularisés par les médias traditionnels soit imprimés ou électroniques. Il est très exceptionnel de constater l'inverse même si nous devons reconnaître que les médias sociaux amplifient et accélèrent les phénomènes.

Quoi qu'il en soit, le papier est là pour rester et il demeure de loin le mode de lecture préféré. Pas étonnant que la portée quotidienne et hebdomadaire des journaux imprimés surpasse la portée des médias numériques. Cela ne signifie pas pour autant que le modèle que nous connaissons aujourd'hui ne doit pas évoluer et se diriger vers des formes hybrides de publication papier et de plateforme électronique. Aucune entreprise ne peut aujourd'hui prétendre que nous avons trouvé la formule d'affaires idéale en cette matière chez nous au Québec ou ailleurs dans le monde.

C'est dans cette perspective qu'il est rassurant d'entendre M. Cauchon réitérer sa confiance dans les quotidiens régionaux imprimés actuels. Il faut également se réjouir de son affirmation indiquant qu'il a du temps devant lui pour trouver la formule de l'avenir qui se conjuguera à la fois par la rentabilité des entreprises et par la qualité de l'information produite dans les régions.

Les artisans de La Tribune et de tous les autres quotidiens régionaux du Québec ont une chance inespérée d'être les pionniers de l'invention d'une nouvelle formule, d'une nouvelle recette pour informer les populations des régions du Québec et par la même occasion d'innover en matière de production d'un quotidien d'information régionale.

Je ne suis ni un employé ni un actionnaire du Groupe Capitales Médias. Je suis un homme d'affaires qui croit en l'imprimé et au dynamisme des régions du Québec. Plus que tout, je suis convaincu que l'imprimé a encore un avenir. Je ne peux que me réjouir de l'arrivée chez nous d'un nouveau joueur dans le monde de l'information régionale, le Groupe Capitales Médias, qui croit tout comme moi en l'avenir de l'imprimé et plus important encore à une information régionale de qualité.

Bienvenue chez nous, Monsieur Cauchon. Bonne route!

Gilles Blais

Co-président patronal du Comité sectoriel

de la main-d'oeuvre et

des communications graphiques du Québec

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