Le syndicat de La Tribune accueille favorablement la nouvelle

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Alain Goupil

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(SHERBROOKE) Le président du syndicat des employés de La Tribune, Alain Goupil, accueille favorablement la nouvelle de la transaction impliquant le journal. «Pour nous, le scénario peut s'avérer positif dans la mesure où nous constations depuis plusieurs mois que Gesca et La Presse travaillaient essentiellement dans l'optique d'une plateforme numérique qui, à court terme, ne concernait pas vraiment les journaux régionaux», a-t-il déclaré.

Le président syndical de La Tribune a entendu certains mots clés qu'il voulait entendre dans le discours du nouvel acquéreur. «L'attachement à une information régionale de qualité a été exprimé. L'importance de l'indépendance des salles de rédaction a été soulignée. Et il a aussi été question du fait que chacun des journaux régionaux est, dans son coin de pays, un acteur majeur dans la vitalité de sa région. Un acteur économique et social qui participe à la vie démocratique des communautés où il se trouve», mentionne en entrevue M. Goupil qui représente les 115 employés syndiqués de La Tribune.-L'engagement envers le maintien de la version papier du journal réconforte également le président syndical de La Tribune. «Tout en maintenant le papier, Martin Cauchon s'est prononcé en faveur du virage numérique, une étape inévitable. Tous les syndicats du groupe Gesca travaillent depuis deux ans à l'élaboration d'un plan de négociations menant au virage numérique et ce plan vise à consolider les emplois et à protéger l'intérêt de nos membres. Nous poursuivrons ce travail, malgré la transaction», évoque le président du syndicat précisant que cette transaction survient dans le contexte où la convention collective est échue depuis le 31 décembre dernier.

«Le début des négociations de la nouvelle convention collective était prévu pour mars, mais a été reporté en avril. Historiquement, la recherche de consensus a toujours été au coeur des relations de travail et nous souhaitons que le dialogue demeure une priorité», résume M. Goupil.

La maire est optimiste

Avant sa conférence de presse, mercredi matin, le propriétaire du groupe Capitales Médias, Martin Cauchon, a contacté le maire de Sherbrooke. «J'ai d'abord été surpris», admet Bernard Sévigny qui a apprécié cette délicatesse et qui voit du bon oeil la transaction.

«Cette nouvelle va dissiper cette crainte que nous avions de voir La Tribune réduite à un onglet de La Presse+ alors que l'information locale et les ressources d'ici ont une grande valeur», résume le maire qui s'est dit rassuré, à moyen terme, en ce qui a trait à l'avenir de l'information régionale.

«M. Cauchon m'a exprimé sa volonté de renforcer les régions à travers l'information, ce qui est favorable à la pérennité de La Tribune. Aussi, cette nouvelle entreprise consacrera ses énergies aux informations régionales, un élément fondamental pour la démocratie de notre région. C'est une bonne nouvelle d'autant plus que la transaction ne mènera pas à de grands chamboulements», conclut le maire de Sherbrooke.

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Louise Boisvert

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«Une bonne nouvelle pour La Tribune»

«C'est une bonne nouvelle pour La Tribune. On sera désormais au premier plan de notre développement futur. Par le passé, nous avons parfois été dans le sillon de La Presse. La recherche et développement se faisait surtout là-bas. Depuis les dernières années, on a beaucoup entendu parler de La Presse+ et peu des régions. Là vous allez vraiment entendre parler de notre identité qui est à construire d'ailleurs quoique nous ayons une marque très forte en région. Cette transaction nous donnera un nouvel élan», a commenté la présidente et éditrice du quotidien sherbrookois, Louise Boisvert, en réaction à l'annonce de la vente des six journaux régionaux de Gesca au Groupe Capitales Médias dont l'actionnaire unique est l'ancien politicien Martin Cauchon.

L'éditrice précise que La Tribune est une entreprise rentable tout comme le groupe formé des six journaux régionaux affiliés jusqu'à aujourd'hui à La Presse.

Comme la transaction porte sur les actions des entreprises, aucun changement n'est à prévoir en ce qui a trait aux engagements et obligations des journaux envers leurs fournisseurs, clients et employés.

«Comme tous les médias, nous avons des défis. Mais le fait que nous soyons acquis par un particulier (M. Cauchon) plutôt que par un groupe déjà établi augure très bien pour le maintien des emplois, car l'acquisition par un groupe aurait pu signifier un dédoublement de postes et de départements», ajoute Mme Boisvert en pensant notamment aux postes administratifs et aux départements des ventes.

Cette transaction allonge l'espérance de vie de la version papier de La Tribune. «On croit encore au papier et contrairement à ce qu'on a déjà entendu le papier n'est pas mort», commente Mme Boisvert ajoutant que cela ne veut pas dire que le développement sur le web sera mis sur la glace.

«On aura notre propre site et on travaille déjà sur des projets numériques qui seront lancés dans quelque temps», précise l'éditrice de La Tribune.

Les liens avec La Presse ne seront pas brisés complètement. «Nous conservons des ententes de service, de représentation des ventes nationales, de technologie et d'échanges de textes pendant 5 ans. On ne se retrouvera donc pas en déséquilibre, mais on prendra nos propres décisions», souligne Mme Boisvert évoquant la possibilité de renouvellement de ces ententes avec le quotidien montréalais.

La présidente et éditrice du quotidien sherbrookois a rendez-vous demain avec son nouveau patron, Martin Cauchon. L'ancien ministre rencontrera les employés de La Tribune lundi.

«Une des forces de La Tribune est d'être flexible et de savoir s'adapter aux changements. À travers les années, on a toujours su s'adapter à la réalité de notre marché et cela continuera», conclut-elle.

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Martin Cauchon

Photo PC

Une «presse régionale forte»

Le Soleil de Québec, Le Droit d'Ottawa, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Tribune de Sherbrooke, Le Quotidien de Saguenay et La Voix de l'Est de Granby, ainsi que leurs sites web respectifs, sortent du giron de la filiale de Power Corporation, qui conserve toutefois le quotidien La Presse.

En conférence de presse, mercredi à Québec, M. Cauchon a expliqué cette acquisition par la volonté d'avoir une «presse régionale forte» et d'en assurer le maintien.

«Il était important de sortir les quotidiens du groupe Gesca, a-t-il dit. On va se réunir entre nous. (...) On va se redonner notre personnalité.»

M. Cauchon sera épaulé par Claude Gagnon, qui dirigeait depuis 2009 les quotidiens régionaux de Gesca et qui conserve ses fonctions de président et éditeur du Soleil. Les équipes de direction de chacun des quotidiens demeurent les mêmes.

M. Cauchon a reconnu qu'il y avait un certain «inconfort» au sein des quotidiens régionaux de Gesca depuis l'arrivée, il y a quelques années, de la version pour tablette électronique de La Presse, La Presse+.

«Dans un contexte où l'on mettait l'accent sur La Presse+, la question se posait: qu'est-ce qu'il y avait de ce modèle pour les médias régionaux? Petit à petit, on les fondait à l'intérieur. Petit à petit, on était en train d'édulcorer un peu (leur) personnalité», a-t-il dit.

M. Cauchon n'a toutefois pas remis en question le modèle développé par la filiale de Power Corporation.

L'ex-député fédéral n'a pas voulu dire si cette transaction entraînerait des réductions de personnel au sein des quotidiens régionaux.

De son côté, le président de Gesca, Guy Crevier, a affirmé que cette transaction s'inscrivait dans la volonté de se concentrer sur le développement de La Presse+.

«Cette transaction est positive pour les deux parties, car elle permettra tant à La Presse qu'à l'acquéreur de poursuivre leurs objectifs respectifs», a-t-il indiqué, par voie de communiqué.

Il y a un peu plus d'un an, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de Power Corporation, les dirigeants du conglomérat, André et Paul Desmarais, avaient prévenu que les quotidiens régionaux de Gesca devraient se redéfinir sous peine de disparaître.

Ils avaient également écarté un scénario dans lequel Power Corporation conserverait La Presse pour ensuite se départir du reste de ses quotidiens ailleurs au Québec.

- Avec La Presse Canadienne

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