CHUS : les infirmières dénoncent les heures supplémentaires obligatoires

Des infirmières du Syndicat interprofessionnel de la santé du CHUS (SICHUS-FIQ)... (Imacom, Jessica Garneau)

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(SHERBROOKE) Des infirmières du Syndicat interprofessionnel de la santé du CHUS (SICHUS-FIQ) ont manifesté mardi midi pour dénoncer l'utilisation abusive des heures supplémentaires obligatoires pour les infirmières et les infirmières auxiliaire au CHUS.

Pour l'année 2014-2015 qui s'achèvera dans une vingtaine de jours, la direction du CHUS a imposé plus de 9200 heures supplémentaires obligatoires seulement pour les 1600 infirmières, et près de 1190 heures supplémentaires obligatoires pour les 385 infirmières auxiliaires, dénonce Guillaume Carrette, président du syndicat.

« Quand je rentre travailler le matin, je ne sais jamais si je vais pouvoir rentrer chez nous le soir », illustre l'infirmière Céline Béliveau, qui travaille à la maternité, l'un des départements où les débordements sont très fréquents.

Les exemples sont nombreux : un peu partout dans l'hôpital, on retrouve des départements débordés, des infirmières épuisées.

L'équipe d'hémodynamie du CHUS est notamment essoufflée par un manque de personnel constant. « Quand on accepte un poste dans cette équipe, nous savons au départ que nous devons faire une fin de semaine de garde sur trois ou quatre, mais elles reviennent beaucoup plus vite quand tous les postes ne sont pas comblés », déplore l'infirmière Martine Jubinville.

« Il y a huit postes dans notre département et deux postes à temps plein sur l'équipe volante. Mais depuis plusieurs mois, il n'y a que sept postes comblés et aucun sur l'équipe volante. Nos congés et les maladies ne sont pas remplacés », ajoute-t-elle.

Conséquence? Ces infirmières qui travaillent dans un milieu de pointe, et qui doivent compléter six semaines de formation avant de pouvoir travailler à sauver des vies par le biais de coronographies notamment, sont souvent à bout de souffle. La rétention du personnel devient ainsi très difficile et peu de nouveaux candidats se pointent le bout du nez.

« Quand on rentre toute la nuit pour une urgence, on doit quand même faire notre quart de travail complet le lendemain. Sinon, on sait que ce seront nos collègues qui vont faire tout le travail à notre place », déplore Marie-Émilie Parent.

Ne pas remplacer les congés et les maladies, avoir quelque 200 postes non comblés au sein de son établissement, imposer du temps supplémentaire obligatoire sans cette : ces pratiques mettent en péril la sécurité et la qualité des soins aux patients, martèle le président du syndicat Guillaume Carrette.

« Nos membres doivent être empathiques envers les patients. Mais quand tu es toi-même épuisé à la fin d'une journée de 16 heures, c'est difficile d'être empathique », illustre M. Carrette.

La direction du CHUS soutient qu'elle déploie tous les moyens nécessaires pour éviter d'imposer du temps supplémentaire à son personnel infirmier. « Les besoins de la population en soins aigus sont importants et le CHUS doit à la fois assurer l'accessibilité des soins et services à ses patients et réduire la pression sur son personnel », écrit-on dans un communiqué.

La Tribune dévoilait le 25 février dernier que 29 des 690 lits du CHUS sont fermés depuis plus d'un an en raison de la pénurie du personnel infirmier.

Les besoins d'embauche du CHUS se situent à 260 infirmières par année. L'établissement en embauche entre 160 et 206 par année. Toutefois, plusieurs de ces employées sont en congé partiel pour études alors que d'autres sont en congé de maternité.

« Le CHUS essaie par plusieurs moyens de réduire cette pression sur son personnel infirmier. Nous travaillons en partenariat avec les gestionnaires, le personnel et la Fédération des infirmières du Québec pour améliorer les conditions de travail et maintenir l'accessibilité à nos patients », a souligné Jacinthe Ouellette, directrice des communications et des affaires publiques au CHUS.

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