Un groupe pour contrer la culture du viol mis sur pied à l'UdeS

Un groupe pour contrer la culture du viol... (Imacom, Maxime Picard)

Agrandir

Un groupe pour contrer la culture du viol a été mis sur pied à l'Université de Sherbrooke. Les étudiantes Mélanie Lemay et Maryse Orban sont membres du comité qui fera de la sensibilisation sur le campus.

Imacom, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Un groupe pour contrer la culture du viol a été mis sur pied à l'Université de Sherbrooke. Le comité d'étudiants veut entre autres démystifier ce qui constitue une agression sexuelle et la notion de consentement. La campagne de sensibilisation est appelée à prendre de l'ampleur au plan provincial, puisque des partenariats pourraient voir le jour avec d'autres campus.

« Tout d'abord, on veut informer la population estudiantine sur la réalité. Un homme sur six est agressé au cours de sa vie, et une femme sur trois », explique Mélanie Lemay, bachelière en sciences politiques appliquées de l'UdeS impliquée dans ce comité.

Elle plaide sur l'importance d'en parler. « Si les gens gardent le silence, ça devient difficile, car ça crée plein de problématiques : la dépression, des arrêts de travail... Il faut s'attaquer à la maladie, et non aux symptômes », image celle qui est aussi membre du conseil d'administration du CALACS Agression Estrie.

Le comité est constitué d'Aequitas Sherbrooke, de la Fédération étudiante de l'UdeS (FEUS) et du comité femme de l'UdeS.

Mélanie Lemay affirme avoir elle-même été victime d'une agression sexuelle alors qu'elle était étudiante au Cégep, à la suite d'un party. Elle ne s'est jamais rendue jusqu'à la plainte formelle, raconte-t-elle en remettant en cause l'attitude des policiers. « Je trouve ça important de mettre un visage sur les statistiques », fait-elle valoir.

«Il faut comprendre qu'il y a un problème, pas nécessairement juste à l'UdeSmais dans la société.»


Elle dit trouver important de sensibiliser les étudiants à cette période de leur vie. « Il faut comprendre qu'il y a un problème, pas nécessairement juste à l'UdeS, mais dans la société. Les étudiants, ce sont des gens qui vont se retrouver dans les milieux décisionnels, dans toutes les sphères de la société. »

La CBC a diffusé une carte interactive des principaux campus universitaires (et des collèges) qui dénombre les agressions sexuelles rapportées sur chacun.

La carte recense trois agressions sexuelles rapportées à l'Université de Sherbrooke entre 2009 et 2013; et cinq à l'Université Bishop's. Selon ces données, l'UdeS compte plus de 15 500 étudiants à temps plein et Bishop's environ 2400 étudiants à temps plein.

CBC a également établi un taux par 10 000 étudiants (sur la période de cinq ans). Ce taux est de 0,4 pour l'UdeS et de 4 pour Bishop's. Comme il s'agit des agressions sexuelles rapportées, on peut penser que le nombre est plus important. « Le culte du silence est tellement fort... » souligne Mélanie Lemay en notant que ces données ne sont sans doute pas représentatives de la réalité.

Une initiative étudiante a aussi été mise en place sur le campus de l'institution anglophone pour lutter contre la culture de viol. « On veut faire une alliance interuniversitaire », souligne Mélanie Lemay.

Au cours des derniers mois, plusieurs scandales ont secoué des campus d'universités américaines. Des campus canadiens et québécois ont aussi fait la manchette.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer