Cinq jours dans la vie d'un itinérant...

Catherine Bourassa... (Imacom, René Marquis)

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Catherine Bourassa

Imacom, René Marquis

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Ils ont dormi dehors exposés au froid, ils ont mangé ce que d'aucuns voulaient bien leur donner et ils se sont privés du confort de leur foyer pendant cinq jours et cinq nuits, jusqu'à hier, par solidarité pour les sans-abris.

Huit étudiants de l'Université de Sherbrooke ont ainsi relevé le défi, pour une sixième année consécutive ici, des 5 jours pour l'itinérance, une activité de sensibilisation qui a pris naissance en 2005 à l'Université de l'Alberta à Edmonton et qui trouve écho un peu partout au pays.

« Ç'a été une expérience éprouvante, dit Geneviève Vitali. Il fallait beaucoup mendier. En se levant le matin, il fallait se trouver quelque chose à manger. Ce n'était pas nécessairement agréable, mais on n'avait pas le choix. »

« Les itinérants, eux, vivent cette réalité à longueur de journée, ajoute son comparse Dominic Simard. Et le monde passe devant eux sans leur porter attention... »

Les huit étudiants issus de différents programmes avaient érigé leur campement sommaire aux abords de la faculté de droit. « On dormait sur des palettes de bois, on avait des tout petits matelas de sol et un sac de couchage. On a un peu vécu de l'itinérance de luxe, mais malgré cela ç'a été difficile sur le sommeil. C'est vraiment loin de dormir dans un lit!, relate Catherine Bourassa. L'une d'entre nous avait deux examens une journée... Je lui lève mon chapeau parce que c'est vraiment difficile de se concentrer quand tu es fatigué et que tes besoins de base ne sont pas comblés.

« Tu sors vraiment de ta zone de confort », ajoute l'étudiante en éducation physique qui a été sensibilisée à la cause par une amie étudiante en droit.

Les participants se sont rendus à la Chaudronnée, un midi, pour manger aux côtés des usagers. « Il y a même une itinérante qui nous a donné des sous », raconte sans trop y croire encore Catherine Bourassa.

Quelques-uns se sont aussi mis dans la peau d'un camelot du Journal de rue, l'espace d'un après-midi au centre-ville de Sherbrooke.

« L'itinérance, c'est lourd à porter à cause de la stigmatisation que ça entraîne, en retient Manon Provencher, une étudiante en travail social. C'est sûr qu'on avait le chandail (orange) des 5 jours pour l'itinérance. On n'a pas le look d'un itinérant non plus, et on ne pourra jamais le ressentir exactement. Je n'ai pas la prétention de dire que j'ai vécu comme une itinérante, mais quand même, on a senti la lourdeur des regards... Juste le fait que les gens évitent de nous regarder quand on demande de l'argent ou de la nourriture, c'est moins évident. »

Grâce aux dons recueillis dans la rue et auprès de la communauté universitaire, les participants pourront remettre au moins 3400 $ à la Table itinérance de Sherbrooke, une table de concertations qui réunit 28 acteurs des secteurs communautaires et institutionnels.

Au moins 3400 $, puisqu'on attend encore quelques réponses à la sollicitation effectuée, précisent les organisateurs.

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