Volte-face dans les régimes de retraite

Bernard Sévigny... (Imacom, Frédéric Côté)

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Bernard Sévigny

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) La Régie des rentes a révisé sa directive pour le report des négociations des régimes des retraites des employés municipaux. Tous les employés municipaux de Sherbrooke, à l'exception des pompiers, doivent négocier dès maintenant sur la base des évaluations actuarielles de 2013.

Les syndiqués comme la Ville croyaient jusqu'à la semaine dernière que la négociation avait été reportée à février 2016.

La confusion vient du fait que les pompiers se qualifiaient pour un report des négociations, mais que les autres employés participant au même régime ne se qualifiaient pas. La Régie affirmait en décembre qu'il suffisait qu'un groupe remplisse les conditions pour que tous les groupes puissent reporter. Le 27 février, la Régie précisait sa directive et renversait la vapeur.

« C'est une nouvelle interprétation sur la mécanique de la loi qui fait en sorte que nous aurions dû commencer à négocier le 1er février. Il faudra que nous nous mettions au travail bientôt », a expliqué le maire Bernard Sévigny.

Le conseiller syndical des cols bleus Michel Murray était renversé. « C'est assez particulier. Méchante gang de cocos. On peut dire qu'ils viennent de rajouter des épices dans une sauce sherbrookoise déjà épicée. Nous avons maintenant l'obligation de composer avec une étude actuarielle au 31 décembre 2013, que je considère de merde, et qui a été réalisée sur des bases conservatrices. Nous refilerons une facture plus importante que prévu aux citoyens. »

Selon M. Murray, le fait de considérer les déficits de 2013 plutôt que ceux de 2014 refile une facture plus élevée de 6 à 9 M$ aux contribuables.

Michel Murray justifie son désaccord avec l'étude actuarielle en raison du pourcentage appliqué aux augmentations de salaire et à la marge accordée à l'inflation. « L'étude actuarielle est gonflée pour rien. Avec la négociation de la convention collective et le plan d'optimisation, ça donnera une drôle d'atmosphère à la table. Le seul avantage, c'est que nous saurons plus vite la hauteur du vol dans notre régime et la hauteur des réclamations que nous ferons à la table de négociation. »

La conseillère Chantal L'Espérance, qui siège au comité de retraite, n'est pas surprise de cette volte-face. « L'information arrive au compte-gouttes depuis décembre. La loi aurait dû être adoptée deux mois plus tôt, mais les délais de mise en oeuvre, eux, n'ont pas changé. Dans ce dossier, les réunions ont toujours été précipitées. Il a fallu présenter les évaluations actuarielles en catastrophe. »

Mme L'Espérance convient qu'il y a eu une embellie en 2014 et que le partage des déficits aurait été moins important en utilisant les données de l'an dernier plutôt que celles de 2013. « À vue de nez, nous perdons des deux côtés. C'est ça qui est décevant. Dans les deux cas, ça nous arrangeait de reporter. Maintenant, nous n'avons plus le choix. »

La conseillère défend pour sa part l'évaluation actuarielle. « C'est un portrait juste que je ne remets pas en doute. »

Selon elle, la clé du succès résidera dans la capacité à maintenir le canal de communication entre les deux parties. « Il ne faut pas se braquer et se rappeler que c'est la population qui paye en bout de compte. »

La prochaine réunion du comité de retraite est prévue le 25 mars.

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