Chanter «jusqu'au dernier jour» améliore le vieillissement

Un groupe d'une trentaine d'aînés de la Villa... (Imacom, Frédéric Côté)

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Un groupe d'une trentaine d'aînés de la Villa de l'Estrie ont participé à un projet de recherche sur le chant choral. Les résultats sont clairs : chanter en groupe permet d'améliorer le vieillissement, non seulement parce que ça rend heureux, mais aussi parce que ça permet de faire des activités sociales.

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Il y a toutes sortes de trucs pour s'aider à bien vieillir comme manger sainement et faire de l'activité physique. Il y a aussi un aspect très important et trop souvent négligé : participer à des activités sociales. « À 95 ans, c'est peut-être un peu plus difficile d'aller jogger. Mais chanter, ça, on peut le faire jusqu'au dernier jour de sa vie », affirme Louise Drouin, étudiante à la maîtrise au Centre de recherche sur le vieillissement (VdRV) du CSSS-IUGS.

Animée par le chant choral, intriguée par le vieillissement et ses effets, déstabilisée par le fait que l'on accorde beaucoup de place à la médicalisation de la santé et non pas à ces petites choses qui nous rendent heureux, l'étudiante se posait trop de questions : chanter en choeur peut-il influencer la mémoire, l'humeur, la cognition et la participation sociale des personnes aînées? Laisser toutes ces questions en veilleuse? Pas question. Louise Drouin a mis sur pied un projet de recherche destiné à mesurer scientifiquement l'impact que pourrait avoir le chant choral.

L'objectif principal de l'étude Choraute, dirigée par Lise Gagnon, chercheuse au CdRV, était de mesurer les impacts d'un programme de chant choral sur la cognition et la participation sociale des personnes d'au moins 60 ans en perte d'autonomie. Elle a commencé à l'été 2013 et s'est déroulée pendant plus de 40 semaines à la résidence Villa de l'Estrie. Les participants étaient âgés d'en moyenne 85 ans et faisaient partie de trois groupes tests. Certains chantaient dans la chorale (1er groupe test), tandis que d'autres assistaient à des conférences (2e groupe test) ou ne pratiquaient aucune activité particulière (3e groupe test).

Et les résultats, dévoilés hier, sont probants. « Nous avons découvert que le chant choral permet d'améliorer les facultés cognitives des personnes aînées, alors qu'habituellement, on note plutôt une diminution de ces facultés. Les participants ont particulièrement performé à un test de cognition reconnu internationalement », explique Mme Drouin.

Chanter dans une chorale permet aux gens non seulement de chanter, une action qui les rend heureux, mais ça permet aussi de socialiser, de voir des gens, de briser la solitude, d'avoir une sortie à son agenda.

« Le chant choral est une activité de groupe où chacun apporte quelque chose à l'autre. Ça augmente le niveau d'activités sociales et l'interaction des aînés », lance Louise Drouin, qui a elle-même une formation en chant classique.

Bernadette Baillageon, 92 ans, les yeux brillants, est bien d'accord :« Ah, que j'aime ça, chanter dans une chorale. C'est difficile d'expliquer qu'est-ce que ça me fait. Mais ça me fait du bien. Venir dans une chorale, ça ne me fatigue pas du tout! »

Sa collègue de chant, Olivette Savary, 94 ans, abonde dans le même sens. « Je n'ai plus vraiment de voix, mais on m'a quand même invitée à participer à la chorale parce qu'un groupe, ça sert à ça, il y a toutes sortes de voix. C'est une activité très agréable. »

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