«Le gouvernement accorde trop peu d'importance aux régions»

Il est essentiel que le gouvernement du Québec conserve une présence forte en... (Imacom, Frédéric Côté)

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(Sherbrooke) Il est essentiel que le gouvernement du Québec conserve une présence forte en dehors des grands centres que sont Montréal et Québec. Or, c'est justement là que le gouvernement est en train de sabrer, déplore Richard Perron, président du Syndicat de professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui représente environ 25 000 travailleurs du Québec.

Le gouvernement actuel méconnait les régions et y accorde trop peu d'importance, assure M. Perron. À preuve, les commentaires que le ministre de l'Économie Jacques Daoust a tenu à la Presse canadienne en début de semaine, lui qui souhaite un État moins interventionniste : «Ça fait surtout mal à l'égo en région, parce que quand vous être le roi du village et que vous devez faire faillite, c'est difficile», avait affirmé le ministre Daoust, ajoutant que les entreprises en difficulté sont souvent «mal gérées» ou étaient dans un secteur d'activité sans avenir.

«Nous demandons au premier ministre de corriger les propos inacceptables et méprisants du ministre Daoust. Il a totalement manqué de compréhension dans le fait qu'il est important d'aider les entreprises dans les régions», lance Richard Perron du SPGQ.

L'impact des compressions gouvernementales se ferait déjà sentir en Estrie. En effet, «des dizaines d'emplois» ont déjà été supprimés dans la fonction publique dans la région, ajoute Richard Perron, sans avancer de chiffres précis puisque «le gouvernement n'est pas très transparent».

«Pour remercier la Santé publique de l'Estrie de son travail acharné à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, le gouvernement estropie son budget de 40 %!»

Il prend l'exemple de la Direction de la Santé publique de l'Estrie, qui doit faire face à des compressions d'un peu plus d'un million de dollars sur un budget total de 2,5 millions de dollars.

«Pour remercier la Santé publique de l'Estrie de son travail acharné à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, le gouvernement estropie son budget de 40 %! Une partie de son personnel se retrouvera au chômage. Quand on coupe 40 % dans un budget, ce n'est pas vrai de dire que les services à la population seront maintenus», se désole le président du SPGQ.

D'autres impacts de ces coupures drastiques, de ces coupures qui laissent des postes vacants là où des professionnels seraient fort utiles pour le bien-être des Québécois? «Prenons un exemple. Récemment, il y a eu la coupure d'un poste de biologiste au ministère de la Faune, un biologiste chargé de surveiller la carpe asiatique. C'est une espèce de poisson qui fait des ravages dans les lacs, qui détruit tout ce qui s'y trouve. La carpe asiatique est rendue à nos frontières, mais on n'a plus personne pour surveiller sa progression vers le Québec», déplore-t-il, ajoutant que le lac Memphrémagog est à risque comme plusieurs autres cours d'eau au Québec.

«Abolir des services et des postes dans l'administration publique régionale contribue à désavouer leur rôle dynamique et constructif dans le processus de développement. Ces institutions sont pourtant des acteurs de changement essentiel. Ils permettent d'ajuster des programmes nationaux aux spécificités des territoires d'intervention. Ce n'est certainement pas à partir des grands centres que ce travail peut se faire», affirme Richard Perron.

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