Retour à la peine de mort pour Raif Badawi?

Un autre vendredi s'est écoulé la semaine dernière... (Imacom, René Marquis)

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Un autre vendredi s'est écoulé la semaine dernière sans que Raif Badawi soit fouetté, et sans qu'on sache trop ce qu'il allait advenir de lui une fois de plus. La vigile devant l'hôtel de ville de Sherbrooke s'est tenue comme à l'habitude.

Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) Raif Badawi pourrait à nouveau être accusé d'apostasie, un acte puni par la peine de mort en Arabie saoudite.

C'est ce qu'une source crédible en Arabie saoudite a affirmé à la femme du blogueur, Ensaf Haidar. «On est en train d'essayer d'avoir de l'information supplémentaire», précise Mireille Elchacar, coordonnatrice régionale pour Amnistie internationale.

Raif Badawi avait d'abord été accusé d'apostasie - le fait de renoncer à sa religion - en 2012, un acte puni par la peine de mort par décapitation en Arabie saoudite. «La preuve avait été faite qu'il n'était pas un apostat, que ce n'était pas ça l'accusation adéquate dans son cas», rappelle Mme Elchacar. «L'accusation avait été écartée, et il avait été jugé pour insultes à l'islam et atteinte à la réputation, c'est là qu'il a été condamné à la prison. Maintenant, il semblerait que la Cour suprême a suggéré de refaire un procès pour apostasie.»

La femme de M. Badawi, qui s'est réfugiée à Sherbrooke avec ses trois enfants, a évidemment été accablée par la nouvelle. «C'est sûr qu'elle est découragée, elle a l'impression que ce serait un recul épouvantable», confirme Mme Elchacar.

Peu importe le crime duquel Raif Badawi est accusé, la campagne d'Amnistie internationale se poursuit, puisqu'il reste un prisonnier d'opinion. «Mais s'il est condamné à mort, c'est certain que ça va devenir plus intensifié et plus urgent», ajoute Mme Elchacar.

« C'est le temps d'agir »

Les réactions ont fusé d'un peu partout après que la nouvelle soit sortie hier. Sur sa page Facebook, le député de Québec solidaire Amir Khadir a pressé le gouvernement conservateur d'agir. « Des groupes et personnalités de différentes allégeances politiques demandent depuis des semaines au gouvernement conservateur de réclamer la libération immédiate de Raif Badawi pour lui permettre de rejoindre sa famille réfugiée à Sherbrooke. M. Harper, c'est le temps d'agir! » a-t-il écrit.

Du côté de l'opposition officielle à Ottawa, le député sherbrookois Pierre-Luc Dusseault a déploré la situation et réitéré son souhait de voir le gouvernement conservateur mettre le dossier de Raif Badawi de l'avant. « On est en contact constant avec le bureau des Affaires étrangères, on regarde s'il en fait plus pour aider l'avancement du dossier. On croit que le gouvernement fédéral canadien doit en faire plus, c'est incroyable que d'autres chefs d'État soient plus vocaux sur le dossier alors que la famille se trouve ici », a-t-il affirmé hier.

Pour le député néo-démocrate, l'arrivée de Rob Nicholson comme ministre des Affaires étrangères (John Baird ayant démissionné au début du mois) ne changera pas grand-chose à l'affaire. « Depuis que M. Nicholson est en poste, il n'y a eu aucune nouvelle annonce. C'était déjà pas très positif, je ne pense pas qu'on va voir d'importants changements avec le nouveau ministre. À part de dire qu'il est conscient de la situation, qu'il soutient M. Badawi et sa famille et qu'il condamne le tout, disons qu'il ne met pas ça en priorité dans les relations avec l'Arabie saoudite. Pourtant, les droits humains devraient passer avant n'importe quelles autres choses dans les relations internationales. »

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