Pédaler plus vite que le cancer

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Alexandre Charest participera samedi à la troisième édition du Grand Spin Don de Sherbrooke au profit de la Société canadienne du cancer.

IMACOM, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) «Quand j'ai vu le visage de la neurologue, j'ai su que les nouvelles n'étaient pas bonnes.»

C'était le 25 juillet dernier. Le diagnostic est tombé. Tumeur au cerveau de la grosseur d'un kiwi. Cancéreuse, lui confirme-t-on. «Je suis tombé les yeux dans l'eau. C'est comme recevoir une brique en plein visage. Sur le coup, tu ne réalises pas. C'est incompréhensible. Tout bascule.»

Alexandre Charest passe deux jours, sans dormir, à pleurer. Chez lui avec sa conjointe. Puis, il l'annonce à ses parents, ses frères, ses amis proches.

«Pas toi?» «Comment ça?» «Tu es tellement en forme?»

Depuis le mois de janvier précédent, le sportif à l'aube de la trentaine avait des spasmes involontaires à la main et au poignet droit. Il consulte une première fois un médecin trois semaines après les premiers symptômes. Passe une batterie de tests. Électromyogramme, électroencéphalogramme. Rien n'est détecté. On dit à Alexandre qu'il fait possiblement des crises de panique. «Je me suis dit qu'il n'y avait personne de parfait. Alors je suis allé consulter. Mais après cinq séances, ma psychologue m'a dit qu'elle ne croyait pas que le problème était psychologique, mais bien physiologique.»

Au fil des semaines, les spasmes sont de plus en plus fréquents. «Ça pouvait m'arriver partout. Au hockey, au travail, pendant que je prenais une marche. En juillet, c'était rendu que j'en avais tous les jours», raconte celui qui travaille à la Direction des services professionnels correctionnels et qui est professeur de spinning dans ses temps libres.

En octobre, l'équipe du neurochirurgien David Fortin l'opère pour enlever la masse cancéreuse. «On m'avait expliqué qu'il y avait des risques de paralysie et de mutisme au réveil. Finalement, je n'ai aucune séquelle. Et sept semaines après l'opération, à ma grande surprise, je redonnais mon premier cours de spinning.»

Après la chirurgie, Alexandre a amorcé un protocole de 30 traitements en radiothérapie qu'il vient tout juste de compléter.

Au fil des jours, l'homme qui a pleuré toutes les larmes de son corps à l'annonce du diagnostic est devenu un homme souriant doté d'une grande résilience.

«J'ai un ami d'enfance qui est mort dans la tragédie de Lac-Mégantic. Lui n'a eu aucune chance de s'en sortir. Même s'il avait couru aussi vite que Bruny Surin, il n'aurait pas eu de chance. Moi, j'ai la chance qu'on ait trouvé ma tumeur. J'ai la chance d'avoir été opéré par Dr Fortin. J'ai la chance d'être ici, d'avoir encore plein de projets. J'ai pas le droit de m'apitoyer sur mon sort.»

Alexandre sera suivi à vie par l'équipe de neurologie. «Dr Fortin m'a donné l'heure juste. Il m'a dit qu'il avait des patients qu'il suivait depuis 14 ans et d'autres qu'il avait perdus après six mois. C'est certain que j'ai l'impression d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais en même temps, on devrait tous en avoir une, car ça nous permet de vraiment profiter des choses banales de la vie. Je ne vois pas les couchers de soleil, la neige sur les arbres ou le ciel bleu avec les mêmes yeux aujourd'hui.»

Le Sherbrookois de 31 ans a hésité avant de parler publiquement de son parcours. Parce qu'il ne voulait pas attirer la pitié ni l'attention sur sa personne.

«Puis, j'ai pensé à une de mes idoles : Pierre Lavoie. J'admire comment il a transformé sa peine en action. À plus petite échelle, je souhaite aussi faire une différence autour de moi et être un messager d'espoir.»

Pour ces raisons, Alexandre participera samedi à la troisième édition du Grand Spin Don de Sherbrooke au profit de la Société canadienne du cancer. Il a formé une équipe de 30 personnes, les Acharnés, qui ont déjà amassé plus de 14 500$. Un record pour une seule équipe.

Le Grand Spin Don a lieu samedi, de 9 h 30 à 15 h 30, au Maxi-Club du secteur de Rock Forest. Une centaine de personnes pédaleront pour la cause. L'événement se répétera l'an prochain. Alexandre invite la population à former des équipes d'ici là. Pour que la science pédale plus vite que la maladie.

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