Youssef Regragui, vedette malgré lui

Youssef Regragui... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Youssef Regragui

Archives La Tribune, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) Le Sherbrookois Youssef Regragui était une des vedettes, bien malgré lui, de l'émission La Facture diffusée mardi à Radio-Canada. Dans le reportage, le président du Groupe G.E.R. Environnement est décrit comme un fraudeur qui s'enrichit en misant sur l'inquiétude des gens qui font appel à lui pour tester s'il y a présence, ou non, de pyrite dans la fondation de leur maison.

M. Regragui, qui se dit expert en chimie des sols, aurait effectué des tests de pyrite inadéquats chez deux propriétaires de la Montérégie. Dans un reportage des journalistes Yvan Lamontagne et Katherine Tremblay, les propriétaires qui auraient été flouées racontent comment M. Regragui a effectué ses « faux » tests de pyrite, une substance qui fait éclater la fondation des maisons, car elle gonfle sous l'effet de l'humidité.

Chez les deux clientes, le président du Groupe G.E.R. Environnement procède simplement à un test visuel de la fondation, se contentant de mesurer le taux d'humidité en surface.

Or, selon Ghislain Houde, président de l'Association des consultants et laboratoires experts (ACLE), un vrai test de pyrite comprend, en plus de l'inspection visuelle, deux autres étapes; il faut faire un carottage et il faut qu'un laboratoire reconnu par l'ACLE analyse la composition de la pierre. Sinon, aucun diagnostic peut être porté.

À la cliente de Candiac, M. Regragui propose de lui remettre un rapport rédigé d'avance, un rapport partiellement copié du devoir d'une étudiante de la Polytechnique en 2000. Le coût du rapport est de 350 $ pour environ une heure de travail.

À la cliente de Longueuil, chez qui M. Regragui détecte de la pyrite après un coup d'oeil aux failles du sol, le Sherbrookois propose un mandat de décontamination au coût de près de 6600 $.

Or, proposer une décontamination à un client à qui on a rendu un diagnostic est contre l'éthique du chimiste, car cela le met en position de conflit d'intérêts, selon l'ACLE.

Radié comme chimiste

Claude Chartrand, syndic de l'Ordre des chimistes du Québec, indique que Youssef Regragui est radié de l'ordre professionnel depuis 2012 pour omission du paiement de sa cotisation. « Vraisemblablement, il a cessé d'être membre pour échapper aux contrôles de l'ordre, car il savait qu'il faisait l'objet d'enquêtes », soutient M. Chartrand précisant que les enquêtes portaient sur divers motifs tels que l'omission de certaines données dans des rapports, la rédaction de fausses données dans d'autres rapports et l'émission des conclusions qui ne tiennent pas la route.

Youssef Regragui se défend à la caméra en disant que les clientes ne l'avaient pas mandaté pour un « test de pyrite », mais un test visuel, et il avance qu'il agit de bonne foi.

Le syndic de l'Ordre des chimistes du Québec remet en doute cette bonne foi et son intégrité.

En janvier, le chimiste de Sherbrooke a été reconnu coupable de onze infractions par l'Ordre des chimistes du Québec pour des événements survenus en 2009 et 2010.

En 2012, il avait été reconnu coupable de trois autres infractions survenues en 2011.

Youssef Regragui est aussi connu dans la région à titre d'ancien secrétaire général de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, organisme au sein duquel il est toujours un membre actif.

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