Pour une vraie prise en charge citoyenne

Marcel Sévigny et Jonathan Durand-Folco ont offert une conférence sur... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

Agrandir

Marcel Sévigny et Jonathan Durand-Folco ont offert une conférence sur le municipalisme libertaire.

Imacom, Jocelyn Riendeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) C'est entre autres une impression de ne pas pouvoir influencer les décisions qui gouvernent nos communautés qui entraîne une faible participation citoyenne aux activités politiques. Voilà un des constats auxquels arrivent Jonathan Durand-Folco, étudiant au doctorat en philosophie, et Marcel Sévigny, ancien conseiller municipal de Pointe-Saint-Charles, qui offraient une conférence citoyenne sur le municipalisme libertaire jeudi au Tremplin.

Pour M. Durand-Folco, le municipalisme libertaire se définit comme une prise en charge de la vie de la communauté par une démocratie directe, une autogestion. Il parle d'un principe qui remet en question la division de la société entre ceux qui dirigent et ceux qui sont dirigés.

« On s'aperçoit aujourd'hui qu'il y a un désabusement de plus en plus important des gens envers le système politique actuel. La participation électorale est de plus en plus faible tant au fédéral, au provincial qu'au municipal. Si les gens ne vont plus voter, on met en cause la légitimité des pouvoirs », fait valoir Marcel Sévigny.

« Il y a beaucoup d'embûches pour changer le modèle politique, dont le redoutable manque de disponibilité des gens, ce qui laisse peu de temps pour s'engager sur des enjeux importants. Il y a aussi une croyance qu'on ne peut pas mettre en place autre chose que ce qui existe. Il ne nous vient pas à l'idée que nous pourrions gérer nous-mêmes la politique. Les gens voudront participer dans la mesure où ils auront un pouvoir d'influence sur les décisions qui sont prises. Tout se fait en catimini à l'Assemblée nationale, dans les hôtels de ville. Les citoyens ne sont à peu près jamais impliqués dans les discussions », ajoute-t-il.

Pour permettre un pouvoir qui se concentre d'abord à la base, il cite l'exemple du budget participatif, mis à l'essai à Saint-Basile-le-Grand. « Mais le rôle des citoyens reste relativement faible et le pouvoir reste aux mains des élus. »

M. Sévigny donne aussi des exemples concrets mis en place à Pointe-Saint-Charles. « Il y a eu une opération populaire d'aménagement où un regroupement de citoyens a organisé ses propres consultations sur des enjeux d'urbanisme pour ensuite faire pression sur le pouvoir municipal pour faire adopter des aménagements urbains. »

Le Centre social autogéré, encore à naître, a permis l'expropriation d'un bâtiment par la pression populaire. « Nous voulons y installer une brasserie artisanale, un magasin général et un café en y développant une philosophie anticapitaliste. »

La démocratie directe ne s'installant pas du jour au lendemain, elle s'exprimerait entre autres par la création de mouvements parallèles au pouvoir.

Une nouvelle conférence citoyenne portant sur la participation citoyenne, les partis politiques et l'environnement se tiendra à l'agora de l'information de l'Université de Sherbrooke le 28 mars à 12 h.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer