«Je t'aime Raif!»

Des coeurs sont apparus vendredi sur les affiches... (IMACOM, Maxime Picard)

Agrandir

Des coeurs sont apparus vendredi sur les affiches réclamant la libération de Raif Badawi, lors de la vigile devant l'hôtel de ville de Sherbrooke.

IMACOM, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Au-delà de l'espoir, il y a aussi l'amour. C'est ce qu'a exprimé vendredi Ensaf Haidar, la conjointe de Raif Badawi, lors de la vigile du vendredi tenue devant l'hôtel de ville de Sherbrooke et à laquelle, encore une fois, et malgré un froid mordant, une centaine de personnes ont assisté.

« Aujourd'hui, pour la St-Valentin, j'aurais un message spécial... : Je t'aime Raif! » a lancé l'épouse du blogueur, détenu en Arabie saoudite et condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour offense à l'islam.

Son cri d'amour faisait ainsi écho aux 50 coups de tambours que l'instigatrice de la manifestation, Jane Hospes, venait de donner - cette fois sous forme de battements de coeur...

Même si Raif Badawi a une nouvelle fois échappé hier aux 50 coups de fouet qui devaient lui être infligés selon sa sentence, personne parmi ses supporters n'osaient encore avancer hier qu'il puisse s'agir d'un signe d'espoir quant à une libération imminente. D'autant plus qu'il a déjà été soumis à une première séance de flagellation, il y a quelques semaines, a rappelé Mireille Elchacar, agente de développement pour Amnistie internationale.

« Ce qui est positif, c'est qu'il n'a pas été fouetté, a souligné Mme Elchacar. Comme on savait qu'il avait commencé à cicatriser, on avait peur que les coups de fouet recommencent puisqu'il n'y avait plus de raisons médicales. Donc, oui, on peut y voir un signe encourageant, mais le fait que sa sentence ne soit pas annulée clairement continue de nous inquiéter. La torture psychologique continue autant pour lui que pour ses proches. C'est pour ça qu'on ne peut pas crier victoire tant que la sentence n'aura pas été complètement annulée. »

Parmi la centaine de manifestants se trouvaient les deux députés de Sherbrooke, Luc Fortin (provincial) et Pierre-Luc Dusseault (fédéral), qui ont exhorté les citoyens à maintenir la pression auprès du gouvernement canadien et de son nouveau ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson.

Luc Fortin a rappelé que les 125 députés de l'Assemblée nationale se sont tous levés cette semaine pour appuyer sa motion réclamant la libération de Raif Badawi et qu'il était temps que celui-ci vienne rejoindre sa femme et ses trois enfants réfugiés à Sherbrooke.

De son côté, le député Dusseault a indiqué qu'il allait continuer d'intervenir aux Communes jusqu'à ce que le gouvernement réclame officiellement la libération de M. Badawi.

« Pourquoi le gouvernement canadien ne se commet pas plus que ça? Pourquoi il ne fait pas plus de pression sur la scène internationale, alors que sa famille est ici? Je ne peux pas vous l'expliquer. Hier [jeudi] encore à Victoriaville, M. Harper a refusé de se commettre. On espère que l'arrivée de M. Nicholson va amener le gouvernement à poser certains gestes, à présenter une motion, comme cela s'est fait à l'Assemblée nationale. Nous en tout cas, on va continuer de le talonner. »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer