Aide médicale à mourir: «D'accord» avec la Cour suprême

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Sylvain Raby

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(Sherbrooke) Il y a huit ans, le frère de Sylvain Raby décédait d'un cancer des os incurable. Comme il souffrait beaucoup, il avait demandé à ce qu'on le «laisse partir» le plus rapidement possible.

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Josiane Lagassé

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C'est entre autres à cause de cette douloureuse expérience que le Sherbrookois se dit «absolument d'accord» avec la décision rendue vendredi par la Cour suprême du Canada, qui a jugé inconstitutionnelle l'interdiction de l'aide médicale à mourir dans certains cas. «On ne peut pas laisser les gens souffrir sans qu'ils aient cette option. Ce sont des gens dont on sait qu'ils ne pourront plus jamais avoir une qualité de vie intéressante», affirmait M. Raby dimanche, croisé par La Tribune au salon Expo habitat Estrie.

«Mon frère avait des traitements de chimio qui lui permettaient de prolonger sa vie une semaine à la fois... il n'avait plus de plaisir, sa vie était une souffrance, c'était de l'acharnement.»

Sa conjointe Josiane Lagassé abonde dans le même sens. «J'étais tellement surprise et heureuse d'entendre la décision de la Cour. Quand tu as toute ta tête, mais que ton corps ne suit plus, ç'a l'air très difficile», remarque-t-elle.

Elle se souvient aussi d'avoir essayé de se mettre à la place de son beau-frère lorsque celui-ci était malade pour comprendre sa volonté. «Ça peut être difficile d'accepter ça pour la famille. Tu veux partager le point de vue de la personne malade, l'épauler, et d'une certaine façon l'encourager dans son choix. Tu aimerais qu'elle reste en vie, mais rendu à ce point, ce serait égoïste. Quand elle est si malade, tu ne reconnais plus la personne, même physiquement elle a changé.»

«Ça va aider les gens en fin de vie à mourir dignement, à avoir une meilleure autonomie jusqu'à la fin de leur vie.»


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Karine Gravel

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En accord

Mis à part quelques personnes qui souhaitaient avoir plus de temps pour réfléchir avant de donner leur opinion par rapport à la décision de la Cour suprême, toutes les personnes rencontrées hier se disaient en accord avec celle-ci.

«Je suis vraiment d'accord. On aurait même dû depuis longtemps empêcher des médecins de «sauver des vies»...» lance d'abord Richer Morin, de Saint-François-Xavier-de-Brompton, avant d'y aller d'une originale analogie.

«Un corps humain, c'est comme un véhicule. Tu peux mettre une nouvelle aile, de nouveaux tires, changer la batterie... mais ce n'est pas parce que tu mets quatre nouveaux pneus que ton char est neuf. Certaines personnes sont tellement maganées que les traitements n'améliorent pas leur qualité de vie du tout, ils ne font que retarder l'inévitable pendant qu'elles souffrent de plus en plus.»

La Sherbrookoise Karine Gravel n'a pas non plus hésité lorsque la question lui a été posée. «Je trouve que c'est vraiment une bonne chose. Ça va aider les gens en fin de vie à mourir dignement, à avoir une meilleure autonomie jusqu'à la fin de leur vie. De savoir que l'on peut avoir cette option, c'est important. C'est une chose qui aide la société à mieux accompagner les aînés et les personnes malades», a-t-elle affirmé.

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