Sans revenu, un apprenti camionneur peine à terminer sa formation

Angel Emiro Guapacha... (Imacom, Julien Chamberland)

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Angel Emiro Guapacha

Imacom, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Dans un mois, Angel Emiro Guapacha aura fini son cours de camionneur au Centre 24 Juin. Il a même trouvé une entreprise prête à le prendre comme stagiaire et à l'embaucher par la suite. Mais le Sherbrookois a bien peur de ne pas être capable de se rendre jusque-là, alors qu'il vit sans revenu depuis le mois de novembre.

« Tout ce que j'avais, je l'ai dépensé pour survivre. J'espère ne pas me retrouver dans la rue d'ici la fin de mon cours. J'espère qu'une personne pourra me venir en aide », lance-t-il.

Le Colombien d'origine aimerait bien travailler en même temps qu'il suit ses cours, mais il a perdu son emploi de gérant chez King Bagel notamment parce que l'entreprise ne pouvait plus le rémunérer, soutient-il, et il n'arrive pas à se trouver un poste ailleurs. « J'envoie des CV partout, mais je n'ai aucune réponse », déplore-t-il.

« J'espère ne pas me retrouver dans la rue d'ici la fin de mon cours. » Angel Emiro Guapacha

En retard sur ses paiements de loyer, M. Guapacha a frappé à plusieurs portes banques, prêts et bourses, chômage, programmes gouvernementaux divers , mais aucune ressource ne semble s'appliquer à son cas. Pour pouvoir bénéficier de l'aide sociale, il faudrait... qu'il arrête son cours.

« Vraiment, je ne sais pas quoi faire », dit celui qui considérait essayer d'écouler quelques objets personnels sur des sites de petites annonces pour amasser un peu d'argent. « Ce que je veux, c'est simplement aider à la croissance économique d'ici en exportant de la marchandise par le transport. Je ne vois juste plus comment faire pour me rendre jusqu'au bout. » Une personne qui suivait la formation avec M. Guapacha recevait de l'argent du Centre local d'emploi pour ce faire une mesure d'aide dont il aurait bien aimé pouvoir bénéficier lui-même.

Pas la meilleure option?

Au Centre local d'emploi (CLE) de Sherbrooke, on affirme que le financement de formations n'est pas automatique; pour qu'il soit accordé, il faut que les intervenants estiment qu'il s'agit de la meilleure option existante pour aider le client à intégrer le marché du travail.

Ce qui n'est pas le cas dans le dossier de M. Guapacha, soutient la directrice du CLE, Caroline Morel. « Il possède pour nous les connaissances et les compétences nécessaires pour intégrer le marché du travail. Il a terminé un certificat en administration et avait fait le choix de travailler dans ce secteur l'automne dernier quand il est venu nous voir. »

Il avait alors pu bénéficier du Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME), qui verse une subvention à l'employeur pour permettre au client d'accéder à l'emploi.

« Il possède une formation récente complétée au Québec, une expérience de travail dans ce domaine dans son pays d'origine ainsi qu'une courte expérience au Québec », poursuit Mme Morel. Les personnes qui sont priorisées pour l'aide financière aux formations sont celles dont on estime qu'elles n'ont pas suffisamment de compétences pour entrer sur le marché du travail québécois.

« Mais on n'est pas insensibles à ce que peut vivre le client, et on va l'accueillir et l'aider », ajoute-t-elle, précisant que M. Guapacha pourrait notamment bénéficier à nouveau du PRIIME s'il se trouvait un nouvel emploi.

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