Raif Badawi : «Il faut continuer de maintenir la pression»

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(SHERBROOKE) «Au gouvernement canadien, nous disons: libérez Raif. Au gouvernement saoudien, nous disons : libérez Raif. Au nom de la liberté d'expression, nous disons: libérez Raif. Pour que les actes de torture cessent, nous disons : libérez Raif.»

Ce sont les phrases qu'ont scandées les quelque 70 étudiants de l'Université de Sherbrooke réunis, mercredi midi, devant la Faculté de lettres et sciences humaines. Juste après avoir fait une minute de silence en l'honneur du blogueur saoudien et de tous les autres prisonniers d'opinion de la planète.

Cette manifestation éclair, organisée par les membres du comité Amnistie International de l'UdeS, était une façon de plus pour les étudiants de joindre le mouvement de solidarité envers Raif Badawi et de dénoncer les injustices qu'il subit actuellement, lui qui est condamné à 10 ans de prison, plus de 300 000 $ d'amende, et 1000 coups de fouet, administrés par tranche de 50 par semaine, pour les propos qu'il a tenus sur son blogue.

«Il faut continuer de maintenir la pression. On veut qu'il vienne rejoindre sa famille, ici, à Sherbrooke», a déclaré une des organisatrices en regardant Ensaf Haidar, la conjointe de Raif Badawi, qui s'était déplacée pour la manifestation.

«Aujourd'hui, Raif souffre, il a peur et il est loin des siens. Il vit d'espoir et on peut tous alimenter cet espoir. Agissons», a martelé la doyenne de la Faculté des lettres et sciences humaines, Christine Hudon.

Québec Solidaire presse Couillard d'user de tous ses pouvoirs

La porte-parole de Québec solidaire et députée de Gouin a aussi pris la parole lors du rassemblement. «On aimerait entendre M. Couillard dire qu'il est derrière M. Badawi et sa famille. Qu'il dise qu'il s'en occupe pour vrai et qu'il condamne toutes les atteintes à la liberté d'expression qui arrivent en Arabie Saoudite», soutient Françoise David.

«Je lance un appel pressant à notre premier ministre du Québec. Je sais que je devrais le faire aussi auprès du premier ministre du Canada, mais mes espoirs de ce côté-là sont minces. On sait que M. Couillard a séjourné en Arabie Saoudite et qu'il a des contacts au plus haut niveau avec les autorités saoudiennes. On sait qu'il a entrepris de faire certains efforts. Nous voudrions en savoir plus. Pas qu'il nous tienne au courant de tout, car on sait que certaines démarches doivent demeurer discrètes et que c'est la meilleure façon d'arriver à la libération de M. Badawi. Mais nous souhaitons entendre une déclaration claire disant qu'il fait tout en son pouvoir pour Raif», a conclut Mme David ajoutant que son parti serait là jusqu'à ce que M. Badawi soit accueilli en sol québécois.

 

Devant la Cour d'appel

Par ailleurs, Amnistie International a appris, mercredi, que la Cour suprême d'Arabie saoudite a renvoyé le dossier de Raif Badawi devant la Cour d'appel. «Nous n'avons pas d'autres informations pour le moment. La Cour suprême avait le pouvoir de faire libérer Raif, de renvoyer le dossier devant la cour d'appel, de confirmer ou aggraver la sentence», explique Anne Sainte-Marie, responsable des communications chez Amnistie International à Montréal, ajoutant que c'est assez courant en Arabie saoudite d'observer un genre de ping-pong judiciaire entre les Cours qui se renvoient la balle.

«Nous maintenons la pression avec des vigiles à Trois-Rivières, Montréal, Québec et Sherbrooke. Outre le clip d'Émile Proulx-Cloutier et de l'équipe de 30 vies, des initiatives de groupes scolaires et d'individus (poèmes, lettres ouvertes) fleurissent un peu partout», Mme Sainte-Marie.

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