Les employés du milieu de la santé commencent à craquer

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(Sherbrooke) Seulement dans la journée de lundi, trois employés ont remis un billet de médecin au Syndicat des salariés du CSSS-IUGS pour signifier qu'ils s'absentaient du travail au moins deux semaines en raison d'un épuisement professionnel. « Les départs en invalidité montent en flèche! » se désole la présidente du syndicat, Vicky Ouellet, dont le syndicat représente environ 400 employés de bureau, techniciens et professionnels de l'administration.

« Je n'ai pas de chiffre sous la main, mais je ne peux vous dire que la tendance n'est vraiment pas à la baisse! » assure Lise Brouillette, responsable politique pour l'Estrie de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) du CHUS et du CSSS-IUGS, qui représente 1500 employés dans les deux établissements.

Alors que le projet de loi 10 risque d'être adopté par bâillon vendredi, le personnel qui travaille dans le milieu de la santé montre déjà des signes de fatigue et de stress importants.

Rappelons que le projet de loi 10 vise à réduire le nombre d'établissements dans le réseau et à revoir leur fonctionnement en profondeur.

15 établissements

En Estrie, ce sont 15 établissements de santé qui seraient regroupés dans un seul Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie (CIUSSS), dont les actuels Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et Centre de santé et de services sociaux - Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke (CSSS-IUGS).

L'Agence de santé et de services sociaux disparaîtra pour sa part, et ses responsabilités seront fondues à travers le CIUSSS.

«Les gens se demandent s'ils vont pouvoir continuer de travailler dans leur établissement actuel.»


Pour l'instant, impossible de savoir quels postes - et surtout, combien - seront conservés, dans quels établissements, et à quel point les tâches seront modifiées pour les postes qui resteront. « C'est l'incertitude totale. Personne ne sait ce qui va arriver de son emploi. Les gens se demandent s'ils vont pouvoir continuer de travailler dans leur établissement actuel, s'ils seront bumpés ou s'ils devront supplanter quelqu'un ailleurs pour garder un emploi », ajoute Vicky Ouellet.

Celle-ci dit craindre de façon importante pour la santé et le moral des travailleurs. « Si vous saviez les cris de détresse que l'on entend déjà! Si ça continue comme ça, je crains que les compagnies qui développent des antidépresseurs et des médicaments contre les maladies anxiogènes fassent des affaires d'or sur le dos des travailleurs de la santé », ajoute-t-elle.

Déjà, les suppressions de poste ont commencé, tranquillement, à être annoncées. Par exemple, un départ à la retraite ne sera pas remplacé au CSSS-IUGS, ce qui augmente la pression sur les collègues qui restent au travail - et sur les listes d'attente. L'Agence de santé aurait aussi annoncé d'autres coupures de postes à venir.

« Les gens qui étaient systématiquement remplacés pour des congés ponctuels, comme des cas de grippe, ne le sont plus aujourd'hui. Ça crée de la pression sur les travailleurs et sur les listes d'attente, c'est inévitable. Nous avons beaucoup d'inquiétudes pour les services aux patients. C'est clair qu'ils seront touchés », fait savoir Lise Brouillette de l'APTS.

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