Chris Hadfield livre des secrets de ses missions dans l'espace

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Chris Hadfield a livré ces quelques secrets sur ses trois missions dans l'espace, mardi, à l'occasion de deux conférences offertes à l'Université Bishop's.

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(SHERBROOKE) Les astronautes portent une couche quand leur navette décolle. Ils quittent la Terre en position couchée en raison de la pression importante que doit subir leur corps. Et une fois en apesanteur, la première chose qu'ils souhaitent faire, c'est aller à la fenêtre pour voir la planète bleue d'en haut. Avec un mélange de sérieux et d'humour, l'astronaute à la retraite Chris Hadfield a livré ces quelques secrets sur ses trois missions dans l'espace, mardi, à l'occasion de deux conférences offertes à guichets fermés à l'Université Bishop's.

En après-midi, l'homme de 55 ans, le premier Canadien à avoir commandé la Station spatiale internationale, a expliqué l'effet des décollages des navettes sur le corps humain et parlé des rudiments de la vie dans l'espace au grand plaisir des élèves du primaire, du secondaire et du collégial entassés au théâtre Centennial. En soirée, c'était au tour des étudiants de l'Université Bishop's.

M. Hadfield accorde une importance particulière à l'éducation et à son devoir de partager ses connaissances. « J'ai essayé de partager l'expérience dans toute ma carrière d'astronaute depuis 1992. J'ai visité au moins 1000 écoles dans tout le pays, toujours avec le même but de ne pas garder ça pour moi. Je veux montrer que les possibilités existent pour tout le monde. Je suis chanceux d'être astronaute, mais il y aussi une responsabilité qui vient avec ça. Tous les astronautes canadiens travaillent avec les élèves. C'est nécessaire de voir pas seulement les influences locales, mais les rêves énormes, les choses presque impossibles. De voir un but, un défi, ça donne la permission de suivre une voie différente. Comme jeune, c'est important de voir que l'on est responsable pour sa vie et que ce sont nos décisions qui dirigent nos vies. »

Il a d'ailleurs insisté sur ces choix qui donneront jour après jour une direction à notre existence. « Ça vaut la peine de se demander ce qu'on veut devenir quand on sera grand, mais c'est normal d'hésiter parce qu'on ne sait pas tout ce qui existe. Alors je dirais : quand vous allez dans une librairie, quel genre de livre vous attire? Ce sera probablement ce qui vous intéresse naturellement. Quand on découvre ce que l'on aime, la clé, c'est de savoir ce que nous ferons ensuite. Ce sont les petites décisions de la vie qui font de toi ce que tu es. »

Des choix, Chris Hadfield en a fait plusieurs, de l'âge de neuf ans, quand ont germé les premiers rêves de découvrir l'espace, jusqu'à la première mission spatiale. « Le matin du décollage de la navette, c'était magique. Mais c'était possible que ce soit le matin où j'allais mourir. En attendant le décollage, tu penses à tout ce qui pourrait te tuer. Tu repasses les 1000 situations qui pourraient survenir et aux façons de régler les problèmes. Mais j'ai eu la chance de voir la Terre comme très peu de gens la verront. »

Pour y parvenir, l'homme a pris des risques et peut-être a-t-il aussi vaincu la peur. « Il y a une différence entre la peur et le danger. La peur est une réaction émotive. Peut-être avez-vous peur sans qu'il y ait de danger. Il est nécessaire de voir pourquoi on a peur et si ce sentiment change nos décisions. Il y a un niveau de danger élevé à être assis dans une navette, mais avec un but, avec une perspective importante. Il est important de séparer le risque et l'émotion et de trouver la façon de faire quelque chose de compliqué comme ça. »

M. Hadfield rêve d'ailleurs de retourner dans l'espace, même s'il sait que le processus pour y arriver est très difficile. « C'est le temps maintenant pour les autres de prendre la relève. »

Pourra-t-il un jour vivre une autre expérience aussi enivrante, aussi particulière? « Je n'ai jamais le plan de surpasser quoi que ce soit. Ce n'est qu'une expérience après l'autre pour moi. J'aime chaque petit pas chaque jour. J'ai trois enfants : quelle expérience! J'ai aussi été instructeur de ski alpin, j'ai été pilote de chasse... Ce n'est pas une compétition, ce n'est qu'une vie intéressante. »

Après avoir répondu à une poignée de questions de la foule, Chris Hadfield a pris sa guitare, a annoncé que des chansons qu'il a composées se retrouveraient sur un album à paraître cet automne, et a entonné deux extraits de chanson, dont Space Oddity, qu'il avait interprétée dans l'espace et qui a fait un malheur sur YouTube.

PEUT-ON VRAIMENT VOIR LA MURAILLE DE CHINE DE L'ESPACE?

Chris Hadfield : « La muraille est faite de pierre et de terre. C'est le meilleur des camouflages. On ne peut même pas la voir quand on la survole en avion. »

COMMENT DORT-ON DANS L'ESPACE?

C.H. : « La chambre était un peu plus large que mes épaules. Je dormais dans un sac de couchage accroché au mur, sinon, j'aurais flotté et je me serais cogné partout. Nous nous basons sur l'heure qu'il est à Londres. Quand la reine se couche, nous nous couchons aussi. »

COMMENT SE PASSE LE RETOUR?

C.H. : « Nous revenons dans le vaisseau Soyouz et nous utilisons la friction de l'air pour ralentir. Le vaisseau brûle et atteint une température de 3000 degrés Celsius. Nous ressentons cinq fois le poids de notre corps, ce qui, après avoir été en apesanteur... est un peu injuste. Au sol, tu te sens malade. Tout ce que tu veux, c'est vomir et dormir. »

COMMENT SE SENT-ON DANS L'ESPACE?

C.H. : « On a l'impression d'être au milieu de quelque chose de beaucoup plus puissant que nous. C'est difficile mentalement, entre autres au décollage, parce qu'il faut être très concentré. Mais d'en haut, on voit des places très impressionnantes comme les Bahamas, la faille de San Andreas ou Montréal la nuit. »

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