Théologie: «Pas une obligation pour une université», dit Jean-Luc Mongrain

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Même s'il est un des plus illustres diplômés de la Faculté de théologie de l'Université de Sherbrooke (cohorte 1975), le journaliste, animateur et producteur Jean-Luc Mongrain s'exprime avec pragmatisme quant à la disparition éventuelle de son ancienne faculté.

L'animateur y était notamment revenu en 2013 avec Michel Barrette pour le tournage de l'émission Viens-tu faire un tour? S'il garde de bons souvenirs de son passage sur la colline universitaire, l'intervieweur ne va pas jusqu'à monter aux barricades.

« Une université suit le profil de la société qu'elle doit servir. Si la société ne voit pas l'importance de cette formation, alors il n'y en a pas. Ce n'est pas une obligation pour une université d'avoir une faculté de théologie. Il y en a ailleurs. »

« Moi, personnellement, j'ai bien aimé mon séjour à l'Université de Sherbrooke, poursuit-il, mais je ne suis pas au fait de la façon de gérer une université. Je ne sais pas si une faculté doit demeurer pour 20 ou 30 étudiants. Mais les orienter vers Montréal ou l'Université Laval, ce n'est pas, à mon point de vue, une erreur ni un drame administratif. »

Des étudiants réclament son maintien

Alors que la faculté de théologie et d'études religieuses de l'Université de Sherbrooke (FATER) est menacée de disparition, l'Association étudiante de la FATER (AEFATER) demande le maintien de la faculté.

« On est contre la démarche de dissolution de la faculté », explique le président de l'AEFATER, Étienne Domingue, étudiant de troisième cycle à la faculté. L'association craint que le projet de centre de formation universitaire du religieux contemporain ne « tombe dans le vide » sans le soutien d'une structure existante.

Quelque 24 membres de l'AEFATER se sont réunis en assemblée générale spéciale, hier, où ils ont pris position.

Un comité spécial sera formé; l'association veut approcher certaines personnalités, dont l'archevêque Luc Cyr, qui est aussi chancelier de l'Université de Sherbrooke. Joint par La Tribune hier, il n'a pas voulu commenter. L'association songe aussi à joindre d'anciens diplômés de la faculté.

« On a été convoqué le 12 décembre pour une rencontre avec le doyen, le vice-doyen et le vice-recteur Martin Buteau (...) La rencontre, c'était une espèce d'annonce », indique M. Domingue, en soulignant qu'il ne s'agissait pas d'une consultation.

Rappelons que le comité de direction de l'Université de Sherbrooke propose la dissolution de la FATER et la création d'un centre de formation universitaire du religieux contemporain. Le conseil d'administration de l'UdeS aura le dernier mot.

L'AEFATER a soumis un mémoire à l'UdeS pour faire entendre son point de vue. « Ce qu'on trouve, c'est qu'il doit y avoir un gardien du respect de la discipline et une garantie du respect de l'importance de la formation à tous les cycles. »

Les étudiants s'inquiètent aussi pour la survie du baccalauréat en études religieuses. « Ce qu'on nous dit, c'est que tous les programmes sont en évaluation. C'est une non-réponse », lance M. Domingue au sujet des propos de la direction à ce sujet.

Le vice-recteur aux ressources humaines et financières, Martin Buteau, a indiqué lundi que la direction n'a jamais remis en question l'importance de la discipline, mais qu'elle proposait « un autre véhicule » afin d'offrir la formation, qui permettrait du même coup de faire une économie de structure dans le contexte actuel.

Au sujet du contexte budgétaire, Étienne Domingue estime « qu'on doit essayer d'avoir les meilleures finances possible ». Cependant, l'éducation ne devrait pas être vue sous forme de rendement. « La première mission d'une université, c'est de conserver et de créer le savoir, de s'assurer que le savoir soit accessible à la plus grande partie des intéressés... » En ces temps d'austérité dans les différentes sphères de la société, cet « asservissement économique » est extrêmement nuisible, estime-t-il.

- Avec Isabelle Pion

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