Un bébé espéré pendant 11 ans

Isabelle Paradis et François Cyr sont passés par... (Imacom, René Marquis)

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Isabelle Paradis et François Cyr sont passés par bien des souffrances avant de pouvoir enfin tenir entre leurs bras leur petite Marie-Raphaëlle, qui a aujourd'hui 18 mois. Le couple rêve maintenant de donner un frère ou une soeur à leur enfant pour compléter la famille dont ils rêvent depuis si longtemps.

Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) Onze ans. C'est le temps qu'ont attendu Isabelle Paradis et François Cyr avant de tenir entre leurs bras leur petite fille Marie-Raphaëlle. Onze longues années parsemées de doutes, d'examens, de souffrances physique et morale, de moments d'espoir suivis d'immenses déceptions. Comme environ 15 % des couples québécois, Isabelle Paradis et François Cyr sont infertiles.

Le projet de loi 20 déposé à la fin de l'automne par le ministère de la Santé et des Service sociaux met fin à la gratuité complète du programme de procréation assistée et établit de nouvelles balises pour y accéder. Cette annonce a fortement fait réagir ce couple qui espère maintenant son deuxième enfant, tout comme l'Association des couples infertiles du Québec (ACIQ) a sursauté en prenant connaissance du projet de loi.

C'est par le biais de la fécondation in vitro (FIV) et d'un don d'ovules qu'est née le petit miracle de ce couple.

«Avoir Marie-Raphaëlle nous aurait coûté 13 000 $. Sans la gratuité des traitements, notre fille ne serait tout simplement pas là aujourd'hui, car nous n'avons pas les salaires pour payer une somme pareille», nuance Isabelle Paradis.

«Quand j'ai rencontré François, il était clair que nous voulions des enfants. Nous avons commencé les essais très rapidement! J'avais 30 ans», se souvient la maman de la fillette de 18 mois.

Mais voilà, les deux futurs parents avaient tous les deux des problèmes d'infertilité. La future mère a pour sa part subi des complications après avoir reçu quatre inséminations par le biais d'un donneur de sperme, complications si importantes qu'elle a dû subir d'urgence l'ablation des trompes et des ovaires!

«C'était le rêve de notre vie! Nous étions tellement heureux.»


Il ne lui restait plus alors que l'utérus, ce qui rendait possible la maternité que par le biais d'une FIV.

Était-ce donc l'occasion d'abandonner leur rêve de devenir parents? «Le ciel nous est tombé sur la tête», se souvient le couple avec émotions.

Puis vint «le 5 août 2010», jour où la loi 26 a offert l'accès gratuit à la FIV aux couples infertiles. Oui, Isabelle Paradis se souvient de la date par coeur, car il y avait là, enfin, une grande lueur d'espoir. Grâce à la FIV, Isabelle Paradis est devenue enceinte en 2012.

«C'était le rêve de notre vie! Nous étions tellement heureux», se souvient François Cyr, les yeux brillants.

La grossesse s'est bien passée. L'accouchement, bien que par césarienne, a aussi été un moment magique aux yeux des parents. «On a dit au personnel de l'hôpital qu'on attendait ce bébé depuis 11 ans. Ils ont été merveilleux avec nous pour que tout se passe bien», se rappelle la maman.

Ce serait dommage que de tels rêves ne puissent plus se réaliser à cause des économies que cherche à réaliser le gouvernement libéral, dit-on à l'ACIQ. Depuis 2010, 216 millions $ ont été consacrés aux traitements de procréation assistée, un programme que le ministre de la Santé Gaétan Barrette a déjà qualifié de «bar ouvert». «Oui, nous sommes d'accord pour mieux baliser le programme. Nous sommes ouverts à discuter des balises avec le gouvernement plutôt que de retirer complètement la couverture de la FIV», explique Virginie Kieffer Balizet.

La fécondation in vitro ne sera plus gratuite, mais l'insémination artificielle sera encore

remboursée;

> Un crédit d'impôt équivalent à 20 à 80% sera accordé en fonction du revenu familial;

> Le projet de loi 20 prévoit de resserrer les balises définissant l'accès au programme;

> Seules les femmes âgées entre 18 et 42 ans pourront s'en prévaloir et certaines devront subir une évaluation psychosociale pour y avoir accès;

> Le programme demeure ouvert aux couples homosexuels masculins et féminins, de même qu'aux femmes célibataires.

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