Il y aura du trafic aux tables de négos

Serge Paquin... (Archives La Tribune)

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Serge Paquin

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(SHERBROOKE) Leur convention collective étant échue, les employés municipaux sont prêts à négocier avec la Ville de Sherbrooke. Certains syndicats ont même eu une première rencontre avec l'employeur. Il semble déjà acquis que les régimes de retraite feront l'objet d'une négociation à part.

Les syndicats des employés d'Hydro-Sherbrooke et des pompiers ont déjà tenu au moins une rencontre. Leur contrat de travail prenait fin en décembre 2013.

Pour la négociation avec les cols bleus, la Ville de Sherbrooke a plutôt lancé un appel d'offres le 19 décembre pour s'adjoindre des services professionnels. Lors des derniers pourparlers menant à la plus récente convention collective, les honoraires professionnels liés aux contrats octroyés à l'externe atteignaient un peu plus de 100 000 $.

«Chaque fois qu'il y a une négociation, nous avons recours à l'expertise externe. C'était une pratique depuis plusieurs années à la Ville. La dernière fois, il y avait des gens de l'externe à toutes les tables. Cette fois-ci, nous avons moins recours à l'expertise externe. C'est un choix que nous avons fait pour diminuer les coûts en ayant recours à nos compétences à l'interne, surtout que nous avons ajouté des effectifs aux ressources humaines», explique le président du comité exécutif Serge Paquin.

Pourquoi cibler les cols bleus? «C'est un choix. Nous avons jugé que nous ne pourrions pas arriver en menant toutes les négociations en même temps, surtout qu'il y aura une table différente pour les régimes de retraite. Les dernières négociations avec les cols bleus avaient été difficiles. On se souvient qu'ils avaient eu recours à la grève.»

Le conseiller syndical des cols bleus, Michel Murray, indique qu'il lui faut encore entrer en contact avec la Ville pour convenir des dates des premières rencontres. «Il y aura beaucoup de trafic en même temps en raison des régimes de retraite. Nous attendons d'ailleurs les vérifications actuarielles des déficits au 31 décembre, puisqu'ils serviront de base à la négociation. Tant que nous ne connaîtrons pas la hauteur du vol dans nos régimes, il est hasardeux de négocier.»

Le président du syndicat des policiers, Robin Côté, confirme lui aussi que les négociations des conventions collectives et des régimes de retraite se tiendront à deux tables différentes. «Nous avons déposé notre cahier 90 jours avant l'expiration. Nous commençons à négocier à la fin janvier et une vingtaine de dates sont prévues jusqu'en juin.»

Pour les cols blancs, le président du syndicat, Carl Veilleux, confirme que l'avis de négociation a été envoyé. Aucune date n'a encore été fixée. «Le syndicat s'attend à recevoir sous peu des propositions de dates de négociation pour le mois de février», mentionne-t-il.

«Ils nous font bien rigoler»

Michel Murray ne partage par ailleurs pas la vision du conseiller municipal Julien Lachance concernant la masse salariale de la Ville.

Rappelons que M. Lachance s'était opposé au dépôt du budget dans la forme proposée parce qu'il suggérait de s'attaquer à la croissance de la masse salariale, qui représente environ 95 M$ en 2015. S'ajoutent près de 25 M$ en charges sociales. Il suggérait notamment un gel salarial de deux ans pour les employés, le temps de trouver une solution. Sa collègue Nicole Bergeron avait souhaité que le maire Bernard Sévigny fasse les pressions nécessaires auprès du gouvernement du Québec pour qu'il obtienne le droit de décréter les conditions salariales de ses employés.

«Ils nous font bien rigoler les politiciens. Je ne pense pas qu'ils nous feront rigoler autant qu'ils nous emmerdent. Ce n'est pas la première fois qu'ils cassent du sucre sur le dos des travailleurs sans tenir compte des concessions du passé. Il y en a qui sont des champions intergalactiques de la déclaration niaiseuse», a réagi Michel Murray.

Selon lui, Bernard Sévigny ne sera pas le seul à demander plus de pouvoir auprès du gouvernement de Philippe Couillard. «Je suis persuadé que le deal s'est attaché au moment de signer le pacte fiscal. C'est pour ça que Denis Coderre n'avait pas de problèmes avec la réduction des transferts du provincial. Quand les villes obtiendront le droit d'imposer les conditions de travail : bonjour le cirque! Il y a des limites à insulter les travailleurs.»

Michel Murray s'attend donc à une année chargée. Il croit que les dirigeants municipaux chercheront à obtenir la faveur populaire. «Ce sera une année particulière dans le monde municipal...»

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