Des défis pour le transport en commun

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Au moment de boucler le budget municipal en décembre, la conseillère Annie Godbout avait manifesté son inconfort devant certaines dépenses. Elle aurait souhaité que la desserte du transport en commun soit améliorée dans son district de Rock Forest.

À l'autre bout de la ville, Danielle Berthold avoue que la densification de la population entraîne aussi des problèmes de mobilité durable dans son secteur.

« Il y a eu beaucoup de développement dans les dernières années, mais il y a eu peu d'ajustements dans le transport en commun. Dans mon porte-à-porte, j'avais reçu beaucoup de plaintes à ce sujet. Pour l'instant, l'autobus tourne sur la rue Monet. S'il passait sur Marini, ce serait déjà mieux. Tout le secteur des rues Marcel-Marcotte, Mondor et du Nouveau Faubourg des rues Sainte-Claire et Saint-Benoît doivent marcher beaucoup pour prendre l'autobus. Certains doivent se rendre sur la route 220, où il y a beaucoup de trafic », déplore Mme Godbout.

« Avoir une bonne desserte est souvent la différence dans la décision d'une famille d'acheter ou non un deuxième véhicule. Les habitudes de prendre le transport en commun se prennent jeunes. Quand les gens s'achètent une voiture, il est trop tard. Il faudrait pouvoir se rendre au cégep de façon efficace, sans trop de détours. Dans mon coin, les enfants ont vieilli et sont en âge d'être autonomes. »

La conseillère est néanmoins convaincue que la Société de transport de Sherbrooke (STS) cherche des solutions.

« Il faut regarder tout le réseau pour qu'il soit plus efficace. Il faut peut-être se demander comment on peut faire les choses autrement. En Finlande, ils ont développé un système de petits autobus peu coûteux qui fonctionne presque sur appel. L'idée n'est pas de le copier, mais de s'en inspirer pour penser à long terme. »

Annie Godbout ajoute qu'il faut agir rapidement, même si la construction du boulevard René-Lévesque promet de changer les habitudes. « J'avais organisé une exposition au centre culturel Pierre-Gobeil et j'ai été surprise de voir combien de personnes ne sont pas venues parce qu'il était difficile de se rendre à Rock Forest en autobus. Nous avons été obligés d'organiser du covoiturage. Il faut revoir les trajets en fonction des développements. »

Dans Fleurimont

Danielle Berthold est responsable du comité de la qualité du service à la STS. Elle sait pertinemment que ses concitoyens des secteurs Virginie-Laflamme et de la Haute-Ville souhaiteraient eux aussi que les autobus arpentent leur quartier.

« Ce sont souvent de jeunes familles. Les parents vont encore à l'université. De la Haute-Ville, ils doivent marcher jusqu'à la rue Allard, sur la rue King Est, où il n'y a pas de trottoir. S'il y avait du service, ne serait-ce qu'aux heures de pointe, je serais contente. »

Mme Berthold est toutefois bien consciente des défis budgétaires qui s'imposent. « Il faudrait avoir les coudées franches avec le gouvernement du Québec... »

Le président de la STS, Bruno Vachon, explique que la volonté est présente. « Il faut faire de l'optimisation. Nous avons mis en place les outils pour voir comment les gens utilisent les services et voir où nous pouvons aller chercher du temps, autant pour Rock Forest que Fleurimont. Ça fait déjà plusieurs années que nous faisons des pressions. Pour le moment, soit on met plus d'argent, ce qui est impossible, soit on enlève du service ailleurs, soit on diminue la fiabilité du réseau. »

M. Vachon précise que chaque minute ajoutée à un trajet représente des dépenses annuelles de 25 000 $. « Il faut aussi penser aux correspondances. Si on ajoute une minute sur le trajet 17 à Rock Forest, il faut aussi ajouter une minute sur le trajet 18, avec lequel il correspond. Ce sont donc 50 000 $ qu'il faut trouver. »

Bruno Vachon ajoute que certains services sont liés à des subventions. Couper dans ces services pour optimiser signifierait qu'il faudrait rembourser une partie des subventions.

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