Travailler à Noël... avec le sourire

Annie Lamontagne est infirmière en pédiatrie. Elle travaille... (Imacom, René Marquis)

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Annie Lamontagne est infirmière en pédiatrie. Elle travaille le jour de Noël.

Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) Ils sont plusieurs à travailler le soir de Noël. Annie Lamontagne le fait avec le sourire depuis plusieurs années à titre d'infirmière en pédiatrie au CHUS. Plutôt que de le voir comme une pénitence, elle le voit comme une façon de remercier la vie pour ses quatre beaux enfants en santé.

Bien sûr tout le monde préférerait être ailleurs qu'à l'hôpital le soir où les rennes passent dans le ciel, mais Annie assure que l'ambiance demeure joyeuse à l'étage des enfants malades.

« Le département est très bien décoré, on met de la musique de Noël et on permet quelques petites permissions spéciales », explique l'infirmière clinicienne ajoutant qu'il règne même une sorte de sérénité qui lui rappelle les messes de Noël de son enfance.

«On tisse des liens avec les membres de l'équipe. Et on essaie d'adoucir la situation des familles. C'est une occasion de partager, de notre temps ou un repas. Certains parents amènent des plats ou sinon, les infirmières partagent avec les familles moins nanties.»

Même si les familles qu'elles croisent à l'hôpital le soir du réveillon sont souvent inquiètes, elles s'efforcent de garder l'humeur festive pour conserver du mieux qu'elles peuvent la magie de Noël. Il faut dire qu'Annie ne se souvient pas qu'il y ait eu décès ou traumatisme sévère à la pédiatrie le soir même de Noël.

La mère d'Annie a joué un rôle important dans son choix de carrière. « Ma mère a été infirmière pendant 40 ans et elle est demeurée passionnée toutes ces années. Comme moi, elle travaillait de soir. Alors je savais ce que cela comportait en choisissant ce métier que ce soit les belles histoires, les plus tristes, les horaires atypiques et les heures supplémentaires », confie la mère de famille qui ne réveillonne pas avec les siens la veille ou le soir même de Noël puisqu'elle travaille de 16h à minuit.

« Quand les enfants étaient petits, on fêtait le matin. Maintenant qu'ils sont adolescents, ils m'attendent et on fête après minuit. De toute façon, Noël, ce n'est pas une date sur le calendrier pour moi, c'est plutôt un moment précis qu'on choisit pour être ensemble », explique la maman d'une grande fille de 15 ans, de jumeaux de 14 ans et d'un jeune de 12 ans.

« C'est la même chose avec les autres fêtes. Avec un horaire d'infirmière, on ne fête pas nécessairement les anniversaires de naissance le jour même. C'était aussi le cas dans mon enfance, avec l'horaire de ma mère. Je me rappelle même avoir fêté Noël un 8 décembre parce que j'avais un oncle dans l'armée qui devait repartir », raconte-t-elle.

Annie voit du positif dans le fait d'avoir eu une mère qui travaillait de soir. « Je dis souvent que j'ai la chance d'avoir été élevée autant par mon père que par ma mère. Le fait que ma mère n'était pas là le soir donnait plus de place à mon père qui s'est beaucoup impliqué. C'est la même chose pour mes enfants qui profitent autant de la présence de leur père que celle de leur mère », soutient-elle.

Être infirmière en pédiatrie n'est pas un jeu d'enfant. « C'est difficile de voir les enfants souffrir. De les voir mourir aussi. Et les parents d'aujourd'hui sont beaucoup plus exigeants que ceux de l'époque, il y a 20 ans, quand j'ai commencé. Ils sont souvent plus éduqués, plus vieux et plus informés à cause d'internet. Certains nous remettent en doute ou nous trouvent méchants, par exemple, de piquer leur enfant. Par chance, plusieurs sont aussi reconnaissants.»

« De toute façon, que ce soit Noël ou un autre soir, on fait ce qu'on fait. C'est notre métier. Et comme tous les autres jours, on tente de faire une différence, de soulager, de réconforter et d'accompagner », conclut l'infirmière de Noël. Et des autres jours.

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