Le Provigo de Lennoxville pourra avoir son centre jardin

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(SHERBROOKE) Le conseil municipal a donné son aval la semaine dernière au changement de zonage qui permettrait l'ajout d'un centre de jardinage extérieur à l'épicerie Provigo de l'arrondissement de Lennoxville. La superficie réservée à cet usage sera limitée à 330 mètres carrés.

Le changement de zonage avait provoqué le débat en octobre quand les propriétaires des Serres Neville ont rappelé qu'ils avaient dû, en 1990, sortir du coeur de la ville de Lennoxville pour tenir leur commerce en périphérie, en raison d'un changement de règlementation. Les commerçants s'expliquent mal que la Ville permette un changement de zonage qui nuira à leur commerce.

«La règlementation fait en sorte que tous les marchés d'alimentation peuvent faire de l'étalage extérieur de toute nature jusqu'à concurrence de 10 % de leur superficie. Ce qui a été demandé, c'est pour une période temporaire, soit un centre qui n'est pas en place à l'année. Une consultation publique tenue le 22 septembre a attiré un peu plus de 20 personnes, mais il n'y a pas eu d'objection formelle», explique Danielle Gilbert, directrice du service de la planification et du développement urbain à la Ville de Sherbrooke.

Commerce Sherbrooke a plaidé pour le statu quo et a soumis son avis au comité consultatif d'urbanisme (CCU). «L'analyse du secteur selon les données de l'observatoire commercial révèle une surreprésentation de l'offre commerciale de produits et services courants, un indice du rayonnement du noyau urbain sur les secteurs périphériques. Il est recommandé de privilégier le statu quo et de ne pas donner suite à la demande de changement de zonage», lit-on dans un document produit par l'organisme paramunicipal.

Selon Commerce Sherbrooke, l'offre de pépinières et de centres de jardinage est de 423 % et passerait à 519 % une fois le changement de zonage accepté.

La conseillère Annie Godbout s'est appuyée sur ces arguments pour enregistrer sa dissidence. «Je vais me coller à l'avis de Commerce Sherbrooke. Je suis très sensible à l'entrepreneuriat local. Pour moi, la pépinière est une porte d'entrée pour Lennoxville. Il y a quelque chose d'authentique que j'ai envie de préserver.»

«Les points soulevés au CCU mentionnent que l'étude de Commerce Sherbrooke s'appuie spécifiquement sur la clientèle locale d'un arrondissement. Il y a toutefois un transit plus important que pour l'arrondissement lui-même. Ça s'est confirmé dans une pétition qui a été produite, pour laquelle la moitié des noms provenait de l'extérieur de Lennoxville», ajoute Danielle Gilbert.

La présidente du CCU, Nicole Bergeron, a précisé que la décision reviendrait aux citoyens. «Nous souhaitions que ce soit les citoyens des zones concernées et des zones contiguës qui puissent réellement se prononcer. On prendrait acte s'il y avait des signatures en quantité suffisante sur le registre et nous reviendrions devant vous pour analyser le dossier.»

Plaider sa cause

La copropriétaire des Serres Neville, Catherine Brochet, en a profité pour plaider sa cause une nouvelle fois. «Ça fait 21 ans que nous sommes propriétaires de ce terrain. En avril 1990, lorsque nous opérions un petit centre de jardin, nous avions été avisés qu'un nouveau plan d'urbanisme entrait en vigueur et qu'en conséquence les centres de jardin n'étaient plus permis au centre-ville. Considérant cet historique, vous comprendrez pourquoi nous trouvons injuste de permettre au Provigo de faire ce que nous n'avions pas le droit de faire.»

La citoyenne Céline Blais y voit un «grand risque pour Lennoxville. Ça n'encourage pas l'entrepreneuriat local».

Nicole Bergeron a rétorqué que «le CCU n'a pas à réguler l'offre commerciale. Il y aura la possibilité pour les zones touchées et contiguës d'aller signer le registre.»

L'usage de centre de jardinage serait permis au Provigo de Lennoxville du 15 avril au 15 juillet uniquement. L'étalage extérieur de produits en vrac comme la terre végétale, la pierre concassée, les matériaux d'emprunt et la pierre décorative serait interdit.

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