Causer politique autour de la dinde, pourquoi pas?

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Tous les guides de bienséance vous le diront : durant un party des Fêtes, certains sujets sont plus explosifs que d'autres. L'argent, la religion et la politique viennent souvent en tête de liste des sujets « à éviter », compte tenu de leur potentiel de malaises ou de débats susceptibles de faire déraper une soirée qui se veut d'abord et avant tout festive.

Emmanuel Choquette... (Imacom, René Marquis) - image 1.0

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Emmanuel Choquette

Imacom, René Marquis

Mieux vaut donc s'en tenir à des sujets plus « consensuels », comme la météo, la cuisine, la décoration, l'exploit du petit dernier, etc. Bref, restez au ras des pâquerettes...

Eh bien non!

Pour ce qui est de la politique, il ne faut surtout pas s'empêcher d'en parler, insiste Emmanuel Choquette, chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et analyste politique. Selon lui, s'empêcher de parler de politique en plein party de Noël de peur de froisser ou de déplaire, peut même à la limite devenir malsain.

« Le fait est qu'on va en parler de toute façon, soumet-il. Pourquoi? Parce que la politique, qu'on le veuille ou non, est au coeur de notre quotidien. Tout le monde a une opinion sur la politique. Pas nécessairement sur des questions hyper pointues, mais tout le monde est interpellé par la politique : que ce soit par l'idéologie d'un parti ou une politique quelconque qui a un impact sur sa vie... »

Inévitablement, ajoute-t-il, le parallèle entre la politique et le sport amène son lot d'échanges, ajoute Emmanuel Choquette.

« Vous avez des rivalités entre les partis, vous avez une arène politique où se prennent les décisions, des stratégies, etc. Tout ça mis ensemble fait réagir et fait en sorte que, de toute façon, on va finir par en parler. »

«La première, c'est la transmission de connaissances, qu'on sous-estime trop souvent.»


Plus encore, l'analyste politique croit qu'on aurait tort d'essayer d'éviter de parler de politique, sous prétexte que « ça risque de faire de la chicane dans la famille et qu'en bout de ligne, ça ne donne rien...».

Au contraire, dit-il, le fait d'échanger et de communiquer au sujet de la politique peut mener à trois choses très importantes :

« La première, c'est la transmission de connaissances, qu'on sous-estime trop souvent, dit-il. Deuxièmement, les échanges peuvent mener à l'établissement d'un consensus, dans le sens noble du terme politique, c'est-à-dire la conciliation des différences entre le bien commun et le bien particulier. Et finalement, loin de provoquer des chicanes, le fait de parler ouvertement de politique peut en bout de ligne réduire les tensions », croit le spécialiste de la communication politique. « Car bien souvent, ce qui entraîne des tensions, c'est justement le fait de ne pas pouvoir s'exprimer, d'extérioriser ce qu'on pense. »

À cela s'ajoute le simple fait de pouvoir exercer son droit de parole, qui est l'un des fondements de la démocratie, rappelle M. Choquette.

« On a le devoir de parler. Et il faut exercer ce droit avant de le perdre, c'est fondamental. Surtout lorsqu'on n'est pas d'accord...».

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