L'abolition de la subvention des couches lavables soulève l'ire de parents

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(SHERBROOKE) À la lumière des commentaires de citoyennes récoltés à la séance du conseil municipal de lundi, la Ville de Sherbrooke pourrait revoir sa décision d'abolir le programme de subvention aux familles pour l'achat de couches lavables. L'abolition, annoncée dans le cadre du budget municipal, a soulevé l'ire de parents et de futurs parents.

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Évelyne Beaudin

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Évelyne Beaudin avait dénoncé que cette coupe touchait une tranche précise de la population. « C'est la seule coupe dont vous avez parlé qui est vraiment ciblée sur une partie de la population, faut-il le rappeler, une partie de la population qui est déjà touchée par les autres paliers de gouvernement. Il y a assez de couches jetables dans les dépotoirs pour recouvrir la planète entière. Je ne comprends pas. Quelle était la subvention par famille? Combien on économise avec cette coupe-là? C'est vraiment du grattage de fond de tiroir alors qu'on économise d'un côté sur les frais d'enfouissement. »

Ce sont environ 15 000 $ qui étaient consacrés à ce programme offrant 100 $ aux 150 premières familles qui en faisaient la demande.

« L'effet de ce programme était à toutes fins pratiques nul parce que nous ne pensons pas qu'il y a beaucoup de familles qui décident d'avoir recours à des couches non jetables pour une économie de 100 $ », a réagi le président du comité exécutif Serge Paquin.

La citoyenne Karine Godbout, mère de trois enfants, a soulevé qu'un enfant utilise environ 6570 couches entre 0 et 3 ans. « Pour moi seule, j'ai pas loin de 20 000 couches à mon actif pendant la vie de couches utile de mes enfants. Ce ne sont pas juste des granolas finis ou d'anciens peace and love qui utilisent les couches lavables. Il y a des valeurs derrière ça. On a un potentiel de détourner 385 000 couches du dépotoir annuellement. »

Mme Godbout faisait du même coup valoir que la Ville défraie le coût de l'enfouissement des couches.

«Je me dis que nous avons peut-être raté une occasion de ne pas couper là-dedans. Je demanderais qu'on revienne sur le sujet. On s'est peut-être trompés.»


Calcul rapide

La présidente du comité de l'environnement, Christine Ouellet, a effectué un calcul rapide selon lequel l'enfouissement des couches pourrait coûter quelques dizaines de milliers de dollars chaque année.

« Ça ne veut pas dire que les gens n'achèteront pas aussi des couches jetables malgré la subvention », a fait valoir Serge Paquin.

La conseillère Nicole Bergeron a reconnu que les élus avaient peut-être fait une erreur. « Je me dis que nous avons peut-être raté une occasion de ne pas couper là-dedans. Je demanderais qu'on revienne sur le sujet. On s'est peut-être trompés. »

Christine Ouellet abonde dans le même sens. « Nous ne l'avons pas analysé jusqu'au bout. Je pense qu'il faut revoir cette décision à la lumière de ce qui nous a été mentionné. Il faut voir comment nous pouvons réintégrer ce programme s'il est possible de le faire à coût nul. »

Pourquoi l'argument du coût d'enfouissement n'a-t-il pas été soulevé lors de l'étude du budget? « Le comité de l'environnement n'a pas été consulté. Ce sont des suggestions qui nous sont soumises par les fonctionnaires. Comme ce n'est pas un service qui touche tout le monde, surtout que toutes les subventions s'envolent rapidement, l'impact semblait moins important. Nicole (Bergeron) l'a bien dit : il y a des choses que nous avons échappées. Ce n'est pas irrécupérable. »

Sur le site de la Ville de Sherbrooke, il est possible de lire que les couches jetables « représentent toujours un fardeau pour les lieux d'enfouissement et contribuent à l'épuisement des ressources naturelles. Environ 1,7 milliard de couches jetables sont enfouies au Canada chaque année, soit l'équivalent de 250 000 tonnes métriques de déchets. Au Québec, c'est plus de 60 000 tonnes de couches qui sont enfouies annuellement. Le temps de décomposition d'une seule couche varie entre 300 à 500 ans. »

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