De passage à Sherbrooke, Drainville plaide pour un débat d'idées

Bernard Drainville est allé à la rencontre de... (IMACOM, René Marquis)

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Bernard Drainville est allé à la rencontre de militants péquistes vendredi à Sherbrooke.

IMACOM, René Marquis

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(Sherbrooke) «On a nommé notre campagne "Votre voix". Ce que je veux, c'est être la voix de ceux et celles qui pensent que le Parti québécois doit se reconnecter avec les gens ordinaires, être le parti des familles, des travailleurs, de la classe moyenne.»

Bernard Drainville était de passage à Sherbrooke, vendredi. Il en a profité pour aller à la rencontre d'une trentaine de militants réunis au Siboire, avec qui il souhaitait avoir «une bonne discussion». «Je veux être le candidat de l'équilibre», poursuit celui qui dit vouloir conjuguer développement économique, justice sociale et protection de l'environnement.

Le candidat à la chefferie du PQ et député de Marie-Victorin n'a pas été tendre envers le travail actuel du gouvernement libéral, dénonçant notamment les coupures dans le réseau des CPE, dans l'aide aux entreprises et dans l'aide aux régions. «Ils sont en train de démolir des générations de travail et de réalisations, et je pense qu'il faut les arrêter ou en tout cas se battre contre ça.»

Il a également comparé les dernières actions du ministre des Affaires municipales à une sorte de «mise en tutelle» des municipalités. «Je trouve ça pénible, la façon dont il traite les municipalités. C'est comme si Pierre Moreau voulait gérer les municipalités à partir de Québec», déplore-t-il.

«Il a coupé dans le financement aux municipalités, qui sont prises avec un problème, et il les punit quand elles essaient d'enrayer le problème qu'il a lui-même créé.»

Indépendance et laïcité

Dans les mois à venir, Bernard Drainville mettra notamment de l'avant l'indépendance lorsqu'il s'adressera à la population. «Il faut plus que jamais expliquer aux Québécois en quoi l'indépendance améliorerait notre société», soutient-il.

Il donne en exemple le projet de pipeline TransCanada, qu'il faut «tout faire pour arrêter». «Mais ultimement, Ottawa a le pouvoir de nous le rentrer dans la gorge, parce qu'on n'est qu'une province comme les autres. On devrait avoir le droit de décider ce qui passe sur notre terrain, ce qui passe dans notre fleuve. On devrait pouvoir refuser. Il y a des avantages à être maîtres chez nous, à avoir les pleins pouvoirs.»

La laïcité ne sera pas reléguée aux oubliettes. «La Charte, j'y crois toujours, et je vais faire dans les semaines à venir une proposition, plus consensuelle sans doute», pour assurer l'égalité hommes femmes et une diversité harmonieuse, dit-il.

Quant à la controverse que la Charte a suscitée lors des dernières élections, M. Drainville y voit quand même des avantages. «La Charte a fait la preuve que je suis capable de me tenir debout dans la tempête. Si vous cherchez quelqu'un de testé; je suis testé. Et je pense que c'est ce que les Québécois veulent, un politicien qui se tient debout, qui ne va pas aller se cacher dans un coin parce que la pression est forte et que le vent souffle fort, je pense.»

Pas de problème avec PKP

Comme ils se sont promis que la course à la chefferie se déroulerait dans la bonne humeur, sans attaques personnelles et «sans bullshit», Bernard Drainville s'est contenté de dire qu'il avait hâte d'en savoir plus sur les idées de son principal rival, Pierre Karl Péladeau, pour pouvoir débattre avec lui après Noël.

«Je suis content qu'il soit candidat. Il faut qu'il nous dise concrètement ce qu'il va faire. Est-ce qu'il veut plus de privé en santé - il a abordé l'idée - et pourquoi? Est-il d'accord que l'on soit le parti de l'équilibre entre l'économie, la justice sociale et l'environnement? Que pense-t-il de la Charte?»

En bref : «il va falloir avoir un échange».

Concernant ses propriétés dans le monde des médias, Bernard Drainville dit faire confiance à M. Péladeau. «Pierre Karl s'est engagé à placer ses actions en fiducie sans droit de regard. Je lui fais confiance, je prends sa parole.»

En tant qu'ancien journaliste, M. Drainville espère cependant que les candidats auront une couverture égale dans la course, ce qu'il estime ne pas être le cas actuellement. «Pierre Karl est nouveau en politique, c'est peut-être normal. Il faudra que ça s'équilibre, sinon, ce ne sera pas une course, mais un couronnement. Et c'est la dernière chose dont on a besoin, un couronnement, au Parti québécois. Ce dont on a besoin, c'est un débat d'idées.»

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