«M. Moreau est allé trop loin!», réagit Sévigny

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(SHERBROOKE) Le maire Bernard Sévigny n'apprécie pas du tout que le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, menace de couper les transferts aux villes de Laval et Longueuil. M. Moreau n'accepte pas que ces deux villes justifient en partie leurs hausses de taxes par les compressions du gouvernement, ce à quoi M. Sévigny a réagi promptement en prévision du dépôt du budget de lundi prochain.

« Nous avons une proposition budgétaire. Il y aura une augmentation de taxes dont la nature sera dévoilée lundi. Peu importe l'augmentation de taxes, le ministre des Affaires municipales n'aura pas d'affaire dans notre budget », a insisté Bernard Sévigny.

Celui qui agit aussi comme premier vice-président de l'Union des municipalités du Québec s'est montré choqué du comportement du ministre. « C'est un peu préoccupant. Le monde municipal veut se faire traiter en partenaire par le gouvernement du Québec et manifestement le ministre ne nous traite pas en partenaire. Je suis choqué qu'on décide qu'on prendra des mesures contre une ville si elle augmente les taxes au-delà d'une certaine mesure. C'est de l'infantilisation. Je pense qu'il y a des limites à ça. M. Moreau est allé un peu trop loin sur la façon dont il traite les municipalités.

« Des municipalités, ce sont des conseils municipaux qui sont élus par la population. Il y a de la reddition de comptes à faire par rapport à nos contribuables, mais nous n'avons pas de comptes à rendre au gouvernement du Québec tant que nos décisions ne vont pas à l'encontre du cadre légal du gouvernement. Augmenter les taxes municipales, c'est une prérogative des villes. Que le ministre vienne faire la leçon comme ça, on la trouve un peu forte celle-là. »

Pression

Le maire de Sherbrooke précise que la pression est toujours un peu plus forte pour boucler le budget municipal. « Il y a un bon nombre de dépenses que nous avons engagées parce que nous devons nous conformer à de nouvelles règles, que ce soit en matière de sécurité publique ou d'environnement. Nous n'avons pas les outils pour contrôler la masse salariale comme le gouvernement du Québec. Québec peut se permettre de lancer son cadre financier sur la place publique parce qu'il a le pouvoir de l'imposer, mais pas nous. Alors c'est facile de nous faire la morale, la leçon, mais il faut regarder d'un peu plus près de quoi est fait un budget municipal, particulièrement à l'égard des responsabilités qu'on nous transfère de façon constante et des nouvelles normes qu'on nous impose de façon constante. »

Si le budget sera présenté lundi soir à 19 h à l'hôtel de ville, les élus sont encore à ficeler les derniers détails qui permettront de le boucler. « Il reste des ajustements à faire, mais rien ne sera dévoilé avant lundi prochain. Il serait hasardeux de parler de chiffres et de projets tant que ce n'est pas adopté officiellement. Des choses peuvent encore changer. Il y a encore des choses sur lesquelles on travaille à l'heure où on se parle et qui ne sont pas tout à fait attachées pour lundi. »

Enfin, que la réforme de la gouvernance n'ait pas été approuvée dans une loi omnibus en décembre ne changera rien aux économies budgétées en lien avec ce projet, assure M. Sévigny. « L'affectation de ressources appartient à la Ville de Sherbrooke. Quand on décide d'avoir un directeur pour deux arrondissements, ça reste des prérogatives administratives. Sur le plan administratif, on commencera à mettre en oeuvre la réorganisation, notamment au chapitre des loisirs. » Un projet de loi privé devra être déposé pour aller de l'avant avec la réforme des arrondissements.

M. Sévigny n'a pas voulu développer sur la proposition d'un toit pour la place Nikitotek.

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