Un citoyen forcé de démanteler sa patinoire

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De sa résidence, Normand Grenier avait une vue directe sur les bandes de la patinoire de son voisin.

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(SHERBROOKE) Un citoyen du chemin de North Hatley a reçu une lettre de la Ville de Sherbrooke l'invitant à démanteler la patinoire extérieure qu'il avait construite sur son terrain. Le document lui aurait été envoyé à la suite d'une plainte d'un voisin.

Jean-Christophe Bossé, qui a refusé d'accorder une entrevue à La Tribune, s'était bâti une patinoire de 19 m sur 12 m, avec des bandes et des lumières. Après avoir reçu la lettre de la Ville de Sherbrooke, il a démonté les installations qui se trouvaient sur sa propriété.

Son voisin, Normand Grenier, avait porté plainte en raison de l'impact visuel et du bruit provoqués par la patinoire. « Il avait fait une patinoire l'an dernier également. Ma maison est située environ 12 pieds plus bas que son terrain. De la fenêtre de ma cuisine, la patinoire arrive directement à la hauteur du visage. Il y avait des grillages derrière les buts. Il y avait de la pollution visuelle. Il y avait aussi du bruit. On entendait les tirs frappés sur les bandes. »

M. Grenier, qui n'a pas l'intention de vendre sa maison pour le moment, craint qu'il y ait un impact sur la valeur de sa propriété. « C'est difficile à concevoir pour quelqu'un qui n'a pas vu l'impact de l'intérieur de ma maison », précise-t-il.

Selon M. Grenier, un inspecteur de la Ville aurait rendu visite à M. Bossé en avril 2014. « Quand il a décidé de refaire sa patinoire en novembre, il n'est pas venu me voir pour connaître les impacts qu'elle pourrait avoir. Il aurait pu faire une patinoire sans bande. Il aurait pu construire sa patinoire au centre de son terrain plutôt que de la mettre aussi près de la ligne qui sépare nos deux terrains. J'ai porté plainte parce que je voulais vérifier mes droits, mais je laissais la porte ouverte à des solutions. »

Sur sa page Facebook, Jean-Christophe Bossé souhaite que la situation serve d'exemple. « J'espère que les démarches que nous avons prises [en] aideront d'autres dans le même cas que moi à faire valoir leur point et de ne pas laisser les personnes toxiques contrôler nos activités extérieures.

Je suis ouvert à aller rencontrer la municipalité afin que nous puiss[i]ons parler de vrai compromis pour la réalisation d'un tel projet. »

Avis verbal

À la Ville de Sherbrooke, la directrice du Service de la planification et du développement urbain, Danielle Gilbert, confirme que M. Bossé avait été avisé verbalement de retirer ses installations le printemps dernier.

« Comme la saison était suffisamment avancée, il avait été convenu d'attendre la fin de l'hiver. Cette année, il a implanté une patinoire avec une bande imposante de 65 pieds sur 40 au même endroit. Il n'y a pas de règlement municipal qui interdit les patinoires à des fins non commerciales à Sherbrooke. Habituellement, la Ville n'intervient pas dans des situations pareilles, mais à cause du caractère imposant de la structure, de l'agencement des matériaux, il aurait fallu un permis de construction. »

Dans une telle situation, les marges à respecter avec les terrains voisins auraient pu être vérifiées. Selon Mme Gilbert, l'éclairage, « en raison du surplomb, pouvait effectivement déranger le voisin ».

« Nous aimerions que les voisins s'entendent entre eux, particulièrement pour des activités de loisir qui ne durent qu'un temps. Nous ne voulons pas en faire une habitude. Il est faux de dire que parce que quelqu'un se plaint, il faut toujours modifier nos comportements. Il y a une évaluation qualitative qui a été réalisée », ajoute-t-elle, précisant que l'inspecteur n'avait pas noté de nuisance sonore lors de sa visite.

Danielle Gilbert confirme qu'à sa connaissance, la Ville intervenait pour la première fois dans une situation du genre. Elle ajoute que le citoyen Jean-Christophe Bossé doit rencontrer un inspecteur à nouveau pour voir comment il peut se conformer à la réglementation en vigueur.

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