Transport adapté au STS: pas de quotas, mais des services réorganisés

Bruno Vachon... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

Agrandir

Bruno Vachon

Archives La Tribune, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Pendant que les usagers du transport adapté dénoncent l'existence potentielle de quotas pour le nombre de déplacements en une journée, le président de la Société de transport de Sherbrooke (STS) Bruno Vachon parle plutôt de restrictions budgétaires.

L'Association de Sherbrooke pour la déficience intellectuelle avait annoncé son inquiétude dans un communiqué, vendredi, qualifiant le transport adapté de service essentiel pour ses membres. Elle organise notamment une soirée dansante à laquelle participent plus de 130 personnes. Le samedi 29 novembre, au moins 17 membres n'ont pu s'y rendre « à cause des nouvelles mesures appliquées par la STS ».

« C'est de la sémantique. On peut appeler ça comme on veut. Nous avons une politique que nous avons adoptée en septembre. Il y a eu des coupes budgétaires importantes. Il y en a eu encore plus dans les dernières semaines, et c'est directement lié au transport adapté. Nous avons une enveloppe avec laquelle nous devons donner des services et nous tentons de ratisser le plus large possible. La demande est croissante et nous cherchons les façons d'avoir le moins d'impact possible. Les gens appellent ça des quotas, nous, nous appelons ça des restrictions budgétaires. Quand il n'y a plus de place, il n'y a plus de place », réagit Bruno Vachon.

« Quand l'autobus est plein, nous disons aux gens qu'il y a d'autres disponibilités. Nous les encourageons à réserver plus tôt. Il est clair qu'il y a des modifications par rapport aux habitudes du passé », ajoute-t-il, précisant que la STS se dirige vers un déficit de quelques centaines de milliers de dollars.

« Nous essayons seulement de fermer la vanne et d'empêcher l'explosion. Ce n'est pas vrai que nous n'en faisons pas plus. Le budget de la STS a augmenté de 2,5 % l'an dernier alors que la somme consacrée au transport adapté a grimpé de 5 %. Nous avons pris de l'argent du transport urbain pour le consacrer au transport adapté. »

Bruno Vachon explique entre autres qu'il faut maintenant réserver son transport 24 heures à l'avance. Il faut aussi se discipliner. « En moyenne, nous avons 400 annulations de transport le jour même chaque année. Ce sont des transports que nous perdons sans pouvoir les redistribuer. Si les gens se disciplinent, ce sont des places qui deviennent disponibles. Tout le monde doit mettre l'épaule à la roue. »

Le président de la STS mentionne que les organismes seront invités à contribuer. « Ils devront nous aider à sensibiliser les gens aux nouvelles façons de faire. Ces organismes feront partie de la solution. Eux donnent des services, mais est-ce que les partenaires qui sont autour sont capables de contribuer? Ce sont des organismes qui comme nous vivent avec les subventions qui leur sont données. Si on leur annonçait qu'on leur coupait leurs subventions de 20 %, je les mets au défi de nous dire qu'ils parviendraient à offrir les mêmes services à leurs membres. »

Depuis sept ans, le financement du transport adapté par le gouvernement du Québec a été réduit d'environ 20 %, mentionne Bruno Vachon. « Augmenter les tarifs de 20 %, ça ne se ferait pas parce que notre clientèle est vulnérable. La tarification est regardée de façon globale. Si on veut en donner encore au plus de monde possible, il faut trouver les endroits où nous ne sommes pas optimaux. »

Éventuellement, les usagers à limitations légères pourraient être invités à utiliser le transport urbain. « Pour offrir l'accessibilité pour tous, nous avons des aménagements de plusieurs millions de dollars à faire. Il y a aussi le tiers de la flotte qui n'est pas adaptée avec des planchers bas. Notre solution réside là, de pouvoir prendre les gens à mobilité réduite dans le transport urbain parce que leur limitation est légère. Tranquillement pas vite, on y arrivera. Mais ce sont des choses qui ne se font pas à court terme. »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer