Sugar Sammy: premières menaces formulées avant l'un de ses spectacles

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(SHERBROOKE) Sugar Sammy est souvent intimidé sur les réseaux sociaux et reçoit régulièrement des courriels hargneux, mais c'est la première fois que des menaces étaient formulées à une salle de spectacles où il se produisait.

Jeudi soir, alors qu'il se préparait à monter sur scène, des mesures de sécurité ont dû être prises après qu'un appel visant directement l'humoriste controversé est entré à la billetterie de la salle Maurice-O'Bready. Le suspect l'aurait appelé «le clown fédéral» et aurait dit que «c'est ce soir» que ça allait se passer.

«Sugar Sammy est habitué d'avoir affaire à des personnes récalcitrantes, en désaccord avec son propos, mais c'est la première fois que ça arrive dans ce genre-là, a déclaré vendredi matin Caroline Audet, gestionnaire des relations de presse chez Evenko, qui produit le spectacle En français svp!, dont une troisième supplémentaire y était présentée devant plus de 1350 spectateurs. Le Montréalais d'origine indienne se moque notamment des francophones et des indépendantistes dans ses monologues, entendus par 250 000 personnes depuis le début de sa tournée.

«Allez sur Twitter et entrez les mots-clés Sugar Sammy, vous allez voir tout ce qui s'écrit. C'est notre quotidien», a ajouté le gérant de l'artiste, Martin Langlois.

Ce dernier refusait de confirmer que des mesures allaient être prises pour les spectacles de Sugar Sammy au Grand Théâtre de Québec vendredi et samedi soir. «Je ne peux pas en parler. À ce moment-ci, nous préférons ne pas entrer dans les détails», a répondu le gérant, qui n'était pas à Sherbrooke jeudi soir, mais qui est resté «en contact instantané» avec l'artiste.

Escorté jusqu'à l'autoroute

Les menaces ont été faites à partir d'une cabine téléphonique directement à la billetterie du Centre culturel de l'UdeS. « Le service de sécurité de l'Université de Sherbrooke a fouillé les sacs de tous les spectateurs. La salle de spectacles a aussi été fouillée de même que les loges et les coulisses. L'artiste a été escorté jusqu'à ce qu'il quitte le territoire de la ville de Sherbrooke, après son spectacle», explique le porte-parole du SPS, René Dubreuil.

«Les enquêteurs ont localisé la cabine téléphonique à partir de laquelle l'appel de menaces a été fait. L'appel provenait de Sherbrooke, mais à l'extérieur du campus. C'est près d'un commerce, mais nous ne pouvons préciser l'endroit. S'il y a la possibilité de visionner une bande vidéo, nous le ferons. Aucun suspect n'est identifié et aucun individu ou groupe n'a revendiqué ces menaces», mentionne le porte-parole du SPS.

La nature des menaces était assez importante pour que le SPS déploie un important contingent de policiers. Au moins cinq véhicules de patrouille étaient stationnés devant le Centre culturel. Une dizaine de policiers sont restés à l'intérieur pendant toute la prestation.

Les spectateurs n'auraient toutefois pas eu connaissance de tout ce branle-bas de combat. L'Olivier de l'année, qui s'est présenté sous les projecteurs avec une vingtaine de minutes de retard, n'a jamais évoqué au micro la menace qui planait. «Rien ne laissait présager qu'il se passait quelque chose de grave. Nous ne nous sommes donc jamais inquiétés, assure le Sherbrookois Stephen Turgeon, qui était dans la salle avec sa femme et ses deux filles. Personnellement, j'ai trouvé sa performance un peu fade. Avec le recul, je me dis que c'est peut-être parce qu'il avait la tête ailleurs.»

Selon la représentante d'evenko, il n'aurait jamais été question pour Sugar Sammy d'annuler son spectacle. «Par respect pour tous les spectateurs qui s'étaient déplacés pour le voir, il n'aurait jamais annulé. Tel que nous le connaissons, il a dû rester bien relaxe dans la situation», estime Caroline Audet.

Sugar Sammy, qui a réalisé la tournée de spectacles la plus lucrative au Canada en 2013, a soulevé les passions ces dernières semaines en faisant la promotion de ses spectacles à Montréal avec une affiche unilingue anglophone, dont le message était : « Pour Noël, j'aimerais recevoir une plainte de l'Office québécois de la langue française. La Société Saint-Jean-Baptiste a vertement condamné la publicité, accusant l'humoriste de francophobie et lui reprochant de « cracher au visage » des Québécois.

D'autres cas

Ce n'est pas la première qu'un artiste a maille à partir avec le public relativement à des gestes criminels en Estrie.

En 2011, une femme de Sherbrooke a été accusée de harcèlement à l'endroit de Dan Bigras et d'avoir transmis des renseignements qu'elle savait faux avec l'intention de nuire ou d'alarmer Elle avait reçu une absolution conditionnelle. Elle avait fait parvenir 47 courriels à Dan Bigras pour des gestes qui se sont échelonnés sur une période de 20 mois.

Elle avait communiqué avec l'artiste pour lui confier des événements d'agression sexuelle où elle affirmait être une fillette de 11 ans et non la femme de 30 ans qu'elle était en réalité. Durant deux semaines, l'auteur-compositeur-interprète a tenté d'aider cette fillette qui se faisait présumément abuser.

En 2007, un individu avait été accusé de menaces de mort à l'endroit de l'animateur Éric Salvail. L'homme de 36 ans de Sherbrooke avait proféré des menaces de mort sur Internet à l'animateur vedette.

- Avec René-Charles Quirion

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