«Élèves fantômes»: la CSRS affirme n'avoir rien à cacher

Depuis 2004, six écoles privées estriennes ont reçu 3,9 M $ pour s'occuper du... (Archives La Tribune)

Agrandir

Archives La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Depuis 2004, six écoles privées estriennes ont reçu 3,9 M $ pour s'occuper du transport scolaire, même si c'est la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) qui assure le transport de leurs élèves, soutient la CSRS. Tannée d'être montrée du doigt, la commission scolaire a dévoilé ces chiffres, jeudi. Alors que le ministre de l'Éducation Yves Bolduc a fait valoir qu'un remboursement devra être fait pour les «élèves fantômes», la CSRS dit n'avoir rien à cacher.

«Je n'ai aucune crainte, M. Bolduc peut analyser nos chiffres», lance le directeur général adjoint à l'administration de la CSRS, André Lamarche.

Selon lui, les six écoles privées reçoivent entre 250 000 $ et 350 000 $ en subventions depuis 2004 pour assumer ce service.

Les écoles concernées sont le Salésien, le Collège Mont Notre-Dame, le Collège Sacré-Coeur, le Séminaire de Sherbrooke et dans une moindre mesure l'École secondaire de Bromptonville (ESB) et le Collège François-Delaplace. L'ESB gère aussi une partie de son transport.

La Coalition avenir Québec (CAQ) soutient que des commissions scolaires facturent des «élèves fantômes», le nombre réel d'enfants transportés ne correspondant pas au nombre d'élèves facturés, écrivait La Presse plus tôt cette semaine, en citant le cas de la CSRS.

Dans une lettre envoyée au ministre, l'Association des écoles privées de l'Estrie (AEPE) a dénoncé le fait que la CSRS reçoive des subventions en fonction d'un nombre d'élèves précisé dans l'entente historique 2004-2005 (2318 élèves), même si ce nombre a diminué au fil des ans.

Or, avance M. Lamarche, le nombre d'élèves est demeuré sensiblement le même année après année.

Les élèves étaient parfois plus nombreux que ce que prévoyait l'entente, d'autres années moins.

«Les années où on en transportés plus, est-ce qu'ils vont nous les rembourser?» lance M. Lamarche, en soulignant que la CSRS n'avait pas demandé un remboursement aux écoles pour les élèves en trop.

Cette année, en date d'août 2014, le nombre d'élèves transportés des écoles privées tournait autour de 1700, plutôt que les quelque 2300 de l'entente : bon nombre de parents se sont désistés du transport scolaire lorsque les écoles privées ont haussé la facture de ce service de 200 $. Cette augmentation faisait suite à une compression de la subvention de transport.

«Si les gens se sont désistés, ça ne nous appartient pas», note M. Lamarche. «Ce n'est pas à nous de payer pour les coupes imposées aux écoles privées»

Président de l'AEPE, Raymond Lepage admet que les écoles privées reçoivent du financement pour le transport scolaire, mais dit ne pas pouvoir s'avancer sur le montant total que reçoivent les six écoles. «Ces chiffres sont peut-être effectivement vrais, mais ça me paraît élevé.»

Le directeur général du Salésien indique que son institution reçoit environ 35 000 $ annuellement. La subvention a toutefois été amputée du tiers en raison des compressions budgétaires, note-t-il.

Si on fait exception de cette année - où le nombre d'élèves transportés a chuté en raison du désistement de la clientèle - et que l'on regarde une année plus régulière, comme l'an passé, environ 2020 élèves ont été transportés, selon M. Lepage.

M. Lepage dit ne pas vouloir se lancer dans une guerre de chiffres, mais estime que la situation est inéquitable. «En Mauricie, c'est exactement la même situation», note-t-il en faisant allusion à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

L'entente historique 2004-2005 entre les écoles privées et la CSRS est renouvelée chaque année.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer