Porter un t-shirt «Et si j'étais séropositif...»

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(SHERBROOKE) Si porter un t-shirt sur lequel il est inscrit «Et si j'étais séropositif...» suscite des réactions, ceux qui vivent avec cette «étiquette» en constatent au quotidien les impacts.

Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2014 qui se déroule aujourd'hui, 1er décembre, les organismes l'Arche de l'Estrie et Iris Estrie ont invité entre autres le député de Sherbrooke Pierre-Luc Dusseault à vivre cette expérience.

«L'objectif était de susciter des réactions. Certains collègues convenaient que j'aurais eu moins de chance d'être élu si j'avais été séropositif. Certains autres collègues m'ont fait part qu'ils connaissaient des gens séropositifs qui vivaient de l'exclusion associée au fait qu'ils étaient séropositifs. Cependant, l'accueil des gens était positif», estime le député du NPD de Sherbrooke.

En parallèle, un homme de Sherbrooke qui vit avec le VIH depuis 1987 témoigne que la médication et les traitements ont allongé l'espérance de vie, mais que les stigmates restent. Même s'il est séronégatif, il conserve une crainte que les gens autour de lui sachent qu'il est atteint du VIH.

«Plusieurs personnes que je connais vivent du rejet de la part de leur famille et de leurs amis. J'ai déjà travaillé dans une résidence pour personnes âgées et certaines personnes ont refusé d'être servies par moi en apprenant que j'étais porteur du VIH. Mon employeur m'a même invité à remettre ma démission», explique l'homme qui considère qu'à certains moments ça peut être un cauchemar de vivre avec le VIH.

Plusieurs fois au cours de l'entrevue, l'homme acceptera puis refusera d'être identifié de peur du rejet par certaines connaissances.

«J'ai beaucoup été aidé par Iris Estrie après le diagnostic. Je suis encore craintif par rapport aux réactions des gens, mais je ne veux pas m'empêcher d'avancer. J'ai peur du taureau, mais je ne peux m'empêcher de courir devant lui», illustre l'homme.

Brigit Côté de l'Arche de l'Estrie explique que certaines personnes atteintes du VIH-Sida vivent de l'intimidation.

«Certains refusent de le dire au travail de crainte de perdre leur emploi. Certains se sont déjà vu refuser des services. J'ai même dû accompagner certaines personnes aux droits de la personne. Il y a encore un travail important d'information à réaliser. Même si les gens ne sont qu'à un clic d'être informés sur les modes de transmission et les mesures de préventions, certains individus refusent de donner la main à des gens séropositifs», soutient Brigit Côté.

Iris-Estrie et l'Arche de l'Estrie invitent la population à porter le ruban rouge le 1er décembre en guise de solidarité lors de la journée mondiale de lutte contre le sida.

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