Lac-à-l'épaule pour le budget 2015 : un défi colossal

Nicole Bergeron et Jean-François Rouleau... (IMACOM, Maxime Picard)

Agrandir

Nicole Bergeron et Jean-François Rouleau

IMACOM, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(Sherbrooke) Ficeler le budget 2015 sera un défi considérable pour les élus sherbrookois. Réunis en lac-à-l'épaule depuis vendredi, la plupart d'entre eux s'entendent pour dire qu'il sera composé de sacrifices et de compromis.

La Tribune a demandé à quelques élus comment ils entrevoyaient l'exercice auquel ils se livrent depuis vendredi après-midi. D'emblée, ils affirmaient faire face à un défi colossal.

«Ce sera surement le budget le plus difficile à faire depuis mon entrée en politique», admet Nicole Bergeron. Remi Demers qualifiait l'exercice de «beau et gros défi».

Hélène Dauphinais est plus optimiste que ses confrères et consoeurs. Elle convient toutefois que tous les élus allaient devoir être ouverts d'esprit afin de réussir à boucler le budget 2015.

«Je pense qu'il est possible de faire quelque chose de bien, mais il va falloir regarder le budget avec minutie. Nous allons devoir établir quelles sont nos priorités et ce qui ne l'est pas. Une fois nos objectifs établis, nous allons devoir les poursuivre, même s'il y a quelques branches qui grafignent au passage», affirme-t-elle.

Parmi les économies possibles, la conseillère du district du Pin-Solitaire cite en exemple l'InfoSherbrookois.

«Est-ce vraiment nécessaire de produire ce document qui coûte annuellement 250 000 $? Je crois que les citoyens ont d'autres alternatives pour s'informer», souligne la conseillère.

Selon Mme Dauphinais, il serait préférable d'aller piger un peu plus d'argent que les années précédentes dans les surplus accumulés - qui se chiffrent à 12 842 591 $ - que de hausser le compte de taxes du citoyen.

«Je sais que le citoyen est déjà touché par plusieurs hausses que le gouvernement impose et mon souci premier, c'est le citoyen», justifiait-elle.

De son côté, Remi Demers ne croit pas qu'il serait préférable d'aller puiser dans les surplus accumulés de la Ville pour éviter une hausse de taxes.

«On a une petite marge de manoeuvre, mais ce serait une erreur de l'utiliser complètement. Il faut se garder un fonds afin de faire face à des imprévus puisque l'on n'a pas le droit d'être déficitaire», soutenant le conseiller du district de Marie-Rivier.

Selon lui, la hausse de taxes devrait atteindre, au maximum, la cible de l'indice des prix à la consommation qui est de 2 %.

«Ce serait difficile de dépasser ça. Mais il faudra assurément faire des sacrifices au niveau budgétaire. Dans un monde idéal, il n'y en aurait pas de hausse de taxes, mais ce n'est pas réaliste de penser ça avec les coupures qui nous ont été imposées dernièrement », affirme M. Demers en faisant allusion aux compressions de 300 M$ exigées aux municipalités par Québec. À Sherbrooke, ces compressions représentent quelque 5 M$.

M. Demers est d'avis que Sherbrooke connaitra de réelles économies à moyen-long terme en réduisant la taille de l'appareil municipal.

«Le gros de l'argent se trouve dans la masse salariale. En faisant un effort pour réduire la structure, Sherbrooke fera des économies», avance-t-il.

Le conseiller Marc Denault affirme également que si une hausse de taxe est inévitable, elle ne doit pas dépasser le taux d'inflation.

Les élus devront assurément faire des choix déchirants afin de boucler le budget, croit l'élu. Il y a toutefois certains services auxquels tient particulièrement le conseiller du district de Montcalm. Il s'agit de la sécurité des citoyens, du développement économique et la réparation du préjudice qui a été causé aux propriétaires de terrains situés dans les zones à risque de glissement de terrain.

«C'est un contexte difficile, mais j'estime que la population va comprendre qu'on doit rétablir les finances de la Ville», avance M. Denault.

Nicole Bergeron lance d'entrée de jeu que personne ne souhaite une hausse de taxes pour le citoyen. Il serait toutefois irréaliste de croire que les compressions issues du pacte fiscal 2015 n'auront pas d'impact sur le budget.

«C'est une pensée magique de croire que nous allons réussir à boucler le budget, sans avoir à hausser les taxes ou à réduire nos services», explique Mme Bergeron.

Contrairement à M. Demers et M. Denault, l'élue du district de Brompton préfère ne pas cibler d'objectif en ce qui concerne une possible hausse de taxe.

«Je crois qu'il est prématuré de se camper à un chiffre», soutient Mme Bergeron.

La conseillère croit toutefois que ses collègues du conseil doivent garder à l'esprit qu'une ville ce n'est pas juste de l'asphalte ou du déneigement. «On a des responsabilités en culture ou en sport par exemple», souligne-t-elle.

«Nous ne voulons pas augmenter le fardeau des citoyens, on va donc essayer de limiter au maximum l'impact des compressions qui nous ont été imposées», conclut Mme Bergeron.

Les élus sont réunis jusqu'à samedi soir en lac-à-l'épaule. Le budget devrait être adopté au conseil municipal le 15 décembre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer