Un climat de morosité s'installe à l'UdeS

Pierre Binette... (Imacom, René Marquis)

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Pierre Binette

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(SHERBROOKE) La morosité s'est installée à l'Université de Sherbrooke, qui vit au rythme des compressions imposées par Québec. « Je n'ai jamais senti une morosité aussi grande que présentement », a lancé la présidente du Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS), Carole Beaulieu, lors d'une présentation visant à tracer un portrait des impacts des coupes budgétaires à l'UdeS.

L'objectif de la présentation réunissant des syndicats et associations étudiantes était notamment de « défaire les mythes » selon lesquels « on peut couper dans le gras », a indiqué le professeur Pierre Binette, qui a agi comme animateur. La rencontre a eu lieu dans le cadre d'une série d'activités de mobilisation qui se déroulent cette semaine.

Plusieurs constats

« Le budget des bibliothèques a été coupé de plus de 10 %. Déjà le service des bibliothèques était moins bien nanti que les autres universités québécoises », a indiqué Mme Beaulieu. « Cette année, 30 postes de professeurs au SPPUS ne sont pas pourvus. C'est 8 % des professeurs. Il y a 8 % des professeurs qui devraient être ici pour travailler. Si quelqu'un peut me dire que ça n'a pas d'effet sur l'enseignement et la recherche, j'ai bien de la difficulté à le croire. »

Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l'UdeS (SCCCUS) évalue que le nombre d'heures d'enseignement des membres a été réduit de près de 5300 heures entre l'automne 2013 et l'automne 2014, l'équivalent de 118 cours en moins. « Environ la moitié des chargés de cours sont en situation de double emploi et ne vivent pas de ce travail », a souligné le vice-président du SCCCUS, René Paquin.

Les présidents de l'APAPUS (l'Association du personnel administratif et professionnel) et du Syndicat des employés de soutien (SEESUS), Christian Dumont et Mélanie Cloutier, ont fait état des employés touchés par la réduction de personnel. À l'APAPUS, au moins 12 personnes seront mises à pied et il ne s'agit que d'informations parcellaires. Le SEESUS recense 15 personnes mises à pied ou déplacées, 21 postes par attrition et 18 abolitions de postes.

Ces syndicats ont accepté que des employés puissent réduire leur semaine de travail de 35 à 32 heures sur une base volontaire, une piste d'économie avancée par la direction.

Environ une trentaine de personnes, voire un peu plus, ont pris part à la rencontre, dont la rectrice de l'institution, Luce Samoisette. Les représentants des syndicats n'ont pas caché qu'ils auraient préféré moins de chaises vides. L'UdeS compte environ 7000 employés.

« S'il n'y a pas un coup de barre qui est donné, on va se demander dans quelques années où on était », a commenté Stéphane Caron, ancien président du SEESUS.

Employé de soutien, Robert Dumont a souligné que les gens devront s'organiser comme l'ont fait les étudiants en 2012. « Le gouvernement est en train de scrapper le Québec au complet. Notre devise est Je me souviens», mais je pense qu'on a oublié quelque chose », a-t-il lancé en faisant allusion à la défaite des libéraux après le printemps érable et leur retour rapide au pouvoir.

« On assiste à une stratégie bassement électoraliste. Le gouvernement ne sait pas ce qu'il fait », croit le professeur Denis Bélisle. « Collectivement, on devrait tous s'indigner », observe Carole Beaulieu.

Une table ronde est prévue aujourd'hui, de même qu'une manifestation sur le campus principal.

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